
TETES D'AFFICHE 2008
> Prodigy
> Them Crooked Vultures
> The Offspring
> Madness
> Bloc Party
EN SAVOIR PLUS
> Compte-rendu complet

TETES D'AFFICHE 2008
> Prodigy
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EN SAVOIR PLUS
> Compte-rendu complet
L'électro, une musique sans visage ni âme ? Allez donc dire ça à The
Prodigy et son chanteur punkoïd ou son black MC. Car ce soir, les pionniers de la big beat ont retourné le festival avec rage et férocité. Ambiance rave party des warehouses
UK.
Bruyant. Brutal. Extrême. Le recordman de vente de disques de l'Histoire de la dance music a pratiqué la technique de la terre brûlée. Uppercut
dans les gencives. Et nous, K.O., dandelinant de manière hébétée. L'énergie est ainsi demeurée intacte, puissante, explosant à chaque coups sourds des basses, telle le gourdin dans le gong des
festivaliers.
Rien, ni personne n'a été épargné, des lumières épileptiques jusqu'à la transe inhumaine à laquelle la foule s'est adonnée. Ni même les nuages de terre atterris dans le gosier. Come on,
hey ! Car dans les rangs, c'est l'anarchie, la rebellion. Et chaque déserteur s'est retrouvé pieds et poings liés dans une immense et caractéristique machine à laver.
Sur scène, le punk Keith Flint, petit diable malicieux et entortillé, roule des yeux à la Hannibal Lecter. A vous faire pâlir le slip, le doigt sans cesse en l'air. Signe de défi. Car il règne
sur le set une certaine animalité. Une redoutable fureur, style combat de coqs et brâme de cerfs à se frapper le poitrail, déjà envahi de peintures de guerre.
Le MC black - Maxim Reality - crache son flow comme un forcené et bondit nerveusement à chaque déflagration vocale. Il s'échauffe, s'élance sur le ring comme un boxeur voulant rendre les coups.
Et répète autant de "Fuck !" et de "Listen !" qu'un bègue fou atteint du syndrôme de la tourette.
"Voodoo People", "Poison", "Breathe", "Smack my bitch up" (assis/debout)... Le beau-frère de Liam Gallagher (belle ironie !) - Liam Howlett - passe le répertoire à la moulinette, hachant
menu le hardcore, l'industriel et le breakbeat. Le guitariste, lui, fait sécher sa gratte au ventilo. Tranquille. Larsenant au possible les enceintes de ses riffs gouilleurs.
Puis, ce fut le vide. Le calme après la tempête. Un long râle avant le point de non-retour. Fin du set.
Il y a des silences qui vous habitent une nuit. Il y en a d'autres qui vous traumatisent toute une vie.
Come back, Prodigy !
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"Wouah, on aurait dit la rencontre de Arcade Fire et de Antony And The Johnsons !" dit l'un. "Cette générosité, ce
positivisme, ça change de la noirceur de The Horrors" dit l'autre. Le 30 août, 22h15, à Rock en Seine, garçons et filles ont été soufflés par la prestation du théâtral Patrick
Wolf.
Quand il monte sur scène avec violoniste, claviériste,
guitariste (Tom White de The Electric Soft Parade), bassiste et batteur, on a beau savoir peu de choses sur ce jeune anglais, on est déjà captivé. C'est que contrairement à la mode actuelle de la
chemise à carreaux dans le rock, Patrick Wolf présente un personnage exubérant. Il synthétise surtout le meilleur (ou le pire c'est selon) des années 80. Dans ce gaillard aux longs cheveux
peroxydés et aux airs de catcheur intergalactique, l'enfant des eighties peut voir du Mylène Farmer, du Captain Flam, du Lucile Amour et Rock'n'roll, du Duran Duran, du Billy Idol, du Alphaville,
du Muse ou du Marilyn Manson, c'est selon.
Tout cela pourrait
paraître de mauvais goût, mais ici tout est tellement "trop" que ça confine au génie. Parce que devant nous, avec son chant terrestre et lyrique, Wolf déballe des chansons énormes, sorte de
Golgoth prog glam folk métal, qui écrasent tout sur leur passage. On a réllement l'impression d'assister à la mise en son de robots véloces post-apocalyptiques style Evangelion sur "Hard Times"
et "Damaris", des grandes fresques mélodramatiques à la Braveheart/Titanic sur "The Bachelor" et "Thickets". Et ce personnage, sa façon de bouger, de performer avec la lumière, les rythmes et le
public, ce n'est pas que de la fantaisie, du show. C'est l'incarnation concrète de ce que ses morceaux exultent : une ode à la libération totale, une guerre pour se faire bigger than
life.
Là où tout le monde se contient sagement, restant dans sa case, son esthétique, Patrick Wolf et sa musique
cosplay, transformiste, débordent et donnent le tournis. Il y a eu des moments de folle intensité à ce concert où, restant immobile, j'ai bien failli sortir de mon propre corps. Oui, j'ôte le
"on" de fausse majesté. Il faut dire "je" lorsqu'on a été convoqué. Et convoqué, je l'ai été corps et âme. Quand l'artiste est descendu dans la foule, interpellant les gens en leur disant "Vous
venez de l'une des plus belles révolutions alors montrez-moi ! Liberté, égalité, fraternité", j'ai eu envie de lâcher le bras de mon cerveau pour rejoindre la foule, pour le porter, me
célébrer en lui.
The Bachelor, son
nouvel album sort à la rentrée. Envisagé comme la première partie d'un double album en deux temps, il sera suivi dès 2010 de sa seconde partie, The Conqueror. Il sera en concert au Nouveau Casino
le 3 octobre. Je prends le pari : vous n'avez pas fini d'entendre parler de Patrick Wolf.
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Les organisateurs du festival ont voulu
garder le secret jusqu'au bout. Et quel secret !! Le buzz avait enflé depuis bientôt un mois sur les blogs musicaux et la rumeur se confirmait (sans communication officielle) depuis quelques
jours sur des pages perso comme celle de Zégut. Mais qui sont ces Petits Pois ? Des haricots magiques de Jack ?
Les Petits ne sont rien d'autres que Them Crooked Vultures. Des vautours
tarés ?
Them crooked Vultures : John Paul Jones (bassiste de Led Zeppelin), David Grohl (batteur de Nirvana et leader des Foo Figthers) et Josh Homme (guitariste et chanteur des Queen of The Stone Age).
Un casting impressionnant ressemblant à peu de choses près au groupe de rock idéal. Les activités de ces groupes étant actuellement en suspens, est-ce un coup de pub ? Eh bien non. Qu'auraient à
prouver de telles légendes du rock. Rien. Si ce n'est le plaisir de jouer ensemble.
Grohl prend alors un malin plaisir à défoncer la batterie sur le surpuissant "Gunman". Il regarde ses comparses avec un "Eye of the Tiger" qui met en émoi le public. "Dead End Friend" commence et
la foule exulte. Tant de talents sur scène, cela ne peut laisser indifférent. Bien que leur répertoire commun ne soit connu que par une minorité de fans aguichés par des teasers sur Youtube. La
foule vit une communion transcendantale avec les Dieux du rock. Et l'on note au passage que peu nombreux sont ceux qui peuvent se permettre de jouer de la guitare avec le pied du micro
Homme.
"We have new fans". Non, ce sont des fans de longue date qui se trouvaient sur la Scène de la Cascade. John Paul Jones prend alors son bottleneck pour jouer sur sa douze cordes et les fidèles
sont aux anges. Des morceaux parfaits sortent alors de ces trente doigts. Le moment n'est pas magique, il est historique ! Ils montre au public que le nirvana du rock existe. Les vautours
détraqués finissent leur set sur "Nobody loves me neither do I".
Une seule chose reste à dire : merci pour tout, bande de charognards.
Suite à l’annulation du concert d’Oasis, le festival a décidé de mettre en place une procédure exceptionnelle de
dédommagement. Quinze euros seront remboursés sur les billets du 28 août et les forfaits 3 jours.
Parce que la déception du public face à l’annulation du concert d’Oasis est une véritable préoccupation pour toute son équipe, le festival propose aujourd’hui un dédommagement pour les
spectateurs titulaires d’un billet pour le 28 août ou d’un forfait 3 jours.
Quinze euros seront remboursés : les procédures, élaborées en concertation avec chaque revendeur de billets, seront communiquées dans la première quinzaine de septembre sur le site Internet du
festival et dans tous les points de vente.
Gardez vos billets, ils vous seront demandés pour obtenir le dédommagement.
Agrippés à la barrière avant l'ouverture du festival vendredi, Camille (20 ans), Tristan (18 ans) et
Quentin (23 ans) répondaient à mes questions. Depuis, le festival a battu son plein et les trois mousquetaires ont parcouru pour nous les allées du domaine national de Saint Cloud à la recherche
de perles.
Qui
peut-on croiser lorsqu'on va à Rock en Seine ? À en croire nos trois loustics, deux Lara Croft, représentantes d’une grande marque de boisson énergisante, se sont fait prendre inlassablement en
photo. Il y avait aussi « l'homme préhistorique », qui s'amusait à taper gentiment le crane des festivaliers croisant son chemin avec sa massue en plastique, une perruque sur la tête. On l'aura
même vu slammer lors du concert de The Prodigy. Il faut croire qu’il se sera plutôt bien adapté à notre époque...
Et « Captain Baguette » ? Tout de bleu vêtu avec une baguette de pain en collier ? Ils l’on vu aussi. Ils ont même remarqué le slip bleu, la cape et le pistolet à eau. Rien ne leur à
échappé.
En vrac, ils ont aussi rencontré le sosie de Joe Satriani au concert de Metric (« mais en plus vieux » précise Quentin), Zorro Zéro (et son sombréro noir), Captain Chaussettes (recouvert de
chaussettes, comme son nom l’indique), ou encore trois chevaliers avec leur cottes de maille et tout ce qui va avec. Que de truculentes surprises en somme !
Bref, un festival qui regorge de curiosités et qui est truffé de personnages qui nous mettent le sourire aux lèvres. Quant à nos trois Castors Juniors, ils repartent des souvenirs plein la tête,
des images plein les mirettes, de la bonne musique encore dans les cages à miel et le plaisir d’avoir fait une apparition guest-star sur notre blog. « La classe » comme dirait
Camille.
À l'année prochaine pour de nouvelles aventures, un pour tous et tous pour un !
Figure héraldique du genre, les bad boys US ont chromé leur
heavy glam avec une dose de rock stoner et de blues huileux. Effet garanti. Les groupies, se pâmant à chaque œillade, ont depuis longtemps dépassé le starter. Une chose est sûre, les EODM n'ont
rien inventé. C'est clair ! Oui, mais et alors ?
Avec un "Are you readyyy... ?" sous l'aisselle et
une lèvre velue à faire pâlir les résidents de l'hospice de Saint-Cloud, Jesse "fuckin" Hugues a réussi à faire dans le défouloir rock. Le tout en jean, s'il vous plaît. Le propos ? Lourd,
pesant, ironique et bien léché. Le type même qui se frotte à votre jambe et vous mâchouille le cerveau comme on chique du tabac texan. Et c'est bien dès les premières secondes que la pétaradante
machine s'emballe et vrombrit, marquée par les claquements de bottines cirées du maître des lieux.
Sur scène, Stéphane Saunier (programmateur Canal+) et Macy Gray opinent du chef. Il faut dire que le groupe sait y faire : les corps tatoués, les muscles saillants et la sueur aux hormones comme
aftershave. Derrière les coups sourds des riffs gras, le batteur s'en donne à cœur joie, style bûcheron débitant du bois, le rictus en plus. Même pas mal.
Les cassures de rythmes embrasent l'assistance. La foule retient son souffle - alcoolisée - prête à galetter le jambon braisé avalé sur le pouce. Ca sent la poudre. Définitivement. Pourtant, rien
ne semble perturber les prêteurs sur gage rock. L'attitude est nonchalante, sexy à souhait, à dandiner de l'arrière-train lors de quelques solos bluesy. Quant au torse, il est offert en pâture à
une foule repue. A genoux. Domptée.
La guitare Flying V ? Exhibée, telle un grigri tribal, un sex-appeal nicotiné à l'effluve orgasmique. On en reveut encore. Et encore. Marre des kids bien peignés qui
squattent les ondes. Pas de doute, la pression a mis ici les têtes en ébullition, sorte de bouillon à l'arsenic de fond de cale. Expression primaire des bas-fonds. Mais la course s'interrompt là,
car il faut bien en finir. Avec l'envoi traditionnel de baguettes du batteur et, dans l'air, une dose palpable d'électricité.
Rock you, babes.
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Rock'Art réunit des affiches des 47 groupes du festival qui se sont
faits croquer par la crème des graphistes français. Rock en Seine prend une nouvelle dimension en mélangeant les arts musicaux et graphiques. Petit tour de
l'expo.
Tous mis sur un pied d'égalité, les vrais artistes ne sont plus ceux qui font du bruit
mais ceux qui dessinent. The Noisettes, transformés en petits animaux, font face à un Sammy Decoster marchant seul sur des rails déserts pour donner son set sous le soleil brûlant de Saint
Cloud. Les styles se mélangent et tous ces groupes qui nous ont fait bouger depuis 3 jours nous semblent tout à coup figés. Immortalisés. Laissant plus de place à l'imagination qu'à la
description, l'expo plonge le spectateur dans des univers musicaux passés au blender. Les Eagles of Death Metal transpirent de leur virilité dans un Aigle germanique stylisé, lâchant un gros
prout… Ca va chauffer ce soir sur la Grande Scène !
Ces affiches ne font pas que retranscrire la musique mais aussi et surtout les émotions conférées au public lors des concerts du week end : Macy Gray nous a envoyé tous ses tubes, The Horrors,
ces dentistes gothiques, nous collent encore des frissons dans le dos et Bloc party nous a mis le cœur à la place du cerveau.
Les arts graphiques sont aussi des arts vivants. Suite à l'annulation d'Oasis ce vendredi soir, quelques idiots s’en sont pris à leur affiche, particulièrement réussie. Signe du destin, ce sont
les caïds de Madness qui ont sauvé l'honneur de l'Angleterre en retournant la Tour Eiffel deux fois dans la même journée. Peut être avaient-ils demandé quelques conseils à l'alchimiste Calvin
Harris qui s'en est chargé hier soir. Rock'Art, située à la croisée des styles et des disciplines, est une exposition où les émotions se mêlent pour livrer une trace physique des
événements.
Traînant le pied, la silhouette fil-de-fer, la mèche frisée tombante et les chaussures dorées striées, le Stéphanois s'est prêté au jeu de l'interview.
Quand sous
la chaleur du début d'après-midi, de jeunes musiciens se confrontent à un public encore peu rassasié de concerts, c'est à coup de masques d'oiseaux, de peinture colorée et de robe pastel. C'est
sur la Scène de l'Industrie et c'est Lilly Wood & The Prick.
Les masques d'oiseaux, que pas mal de festivaliers ont déjà vissé sur leur tête,
c'est pour la promo du mini-album "Lilly Who & The What ?". La fantaisie s'installe doucement alors que nos jeunes musiciens se dandinent sur scène, et notamment Nili la chanteuse, avec sa
robe vert pastel où sont greffés des morceaux de carton, façon armure des Chevaliers du Zodiaque. Du côté du clavier et de la guitare, on retrouve également Ben, qui lui se la joue aussi
Chevalier, mais seulement sur l'épaule droite. Ben & Nili sont accompagnés d'un batteur et d'un bassiste qui échangent volontiers leurs instruments et assurent le background pour nos deux
oiseaux.
Niveau musique, c'est une petite pop, jeune mais sûre d'elle qui émane de la scène. Un peu comme si l'électro des années 2000 s'était associée à la pop des années 80 pour nous insuffler un
univers coloré, pétillant, naïf et clinquant. Clinquant et claquant, à coups de baguettes sur des casseroles, de chant au mégaphone, de samples de batterie et même de clarinette. Bref, chez Lilly
Wood & The Prick, on aime tout mélanger et se perdre dans les expériences scéniques, malgré l'apparente timidité de la jeune chanteuse.
En dépit de la répétition des rythmes et des mélodies qui peinent à se démarquer, on sent la promesse d'une coloration permanente de la musique. Laissez-leur les années qu'ils méritent pour
arroser leur musique de vos encouragements, et le Wood de Lilly poussera dans vos oreilles.
En attendant, sur scène, le final est pétillant, le public est conquis. Mission accomplie.
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Le rock ce n'est pas que des décibels, c'est aussi des mots inspirés
par un courant électrique générant une façon de vivre, une vision de l'homme et même du monde (oui, sortons les grands mots !). Ce postulat est à la base de la
Rock'n'biblio.
Après deux jours de festivals et de courtes nuits, on a un peu la tête comme une pastèque.
S'étendre sur l'asphalte et se laisser mourir ? En même temps non, disons qu'on aimerait juste se poser un peu à l'ombre dans une ambiance cosy plutôt que noisy. Et lire un bon livre. Oui, un
livre qui captiverait comme un concert, mais sans le bruit. Le seigneur nous aurait-il entendu ? Près de nous un stand, une grande tente blanche avec plein de gens assis têtes baissées dans des
ouvrages. Une secte ? Non, des festivaliers sous le charme de la Rock'biblio.
Cette « bibliothèque rock idéale, subjective et évolutive », dixit le communiqué de presse, a investi le festival depuis 3 ans dans le but de montrer aux novices que depuis des années le rock
tisse des ramifications dans la littérature. Mais aussi avec l’objectif d'en faire profiter les amateurs avertis. Des livres rock, cette bibliothèque en contient environ 350. Ils ont été
sélectionnés et achetés par le service de communication de Saint Cloud, qui en assume d'autant plus l'entière subjectivité qu'elle propose aux festivaliers d'y apporter la
leur.
Chaque année, les festivaliers peuvent faire part de leurs suggestions littéraires. La ville essaiera pour
l’année suivante de se les procurer. Mais surtout la Rock'biblio intègre un côté trocante. Si un festivalier vient avec un bouquin qu'il considère comme étant rock, il peut l'échanger avec un
autre livre disponible dans la bibliothèque, pour peu qu'il porte une étiquette rouge. Aujourd'hui quelqu'un leur a apporté Farenheit 451. Accepté !
Beaucoup ont essayé par ce biais de se procurer La mécanique du cœur du chanteur de Dionysos mais il était déjà parti. A la place, ils pouvaient choisir un Tim Burton ou se munir de la
bibliographie des livres rock, sources d’excellentes idées de lectures.
Ravis, nombreux sont ceux qui demandent si la Rock'biblio est présente dans d'autres festivals. Mais non c'est une exclusivité Rock en Seine !
Troisième jour
de festival. La fatigue se fait sentir pour ceux qui sont là depuis vendredi. Certains festivaliers ont le pas traînant et les yeux cernés, cachés derrière des lunettes de soleil aux looks plus
ou moins extravagants.
C’est dans cette semi-léthargie que Metric entre en scène, ouvrant ainsi les festivités du dernier jour de Rock en
Seine. Dans sa courte robe blanche, Emily Haines, la chanteuse du groupe canadien à la plastique avantageuse, donne le tempo. Telle une thérapeute, elle prend les choses en mains. Accrochée au
manche de son micro, elle donne de la voix et des riffs. Elle empoigne tour à tour guitare et clavier. Le public se dresse et tangue aux sons des morceaux de Fantasies, le dernier album. Les
échanges de mots doux entre le groupe et le public se font plus longs. "It is a dream for us to open the festival today. Thank you".
"Worldwide, everybody wants the same thing. Dead disco". La belle venue du froid se donne du mal pour nous faire du bien. Les parties instrumentales s'intensifient. Emily saute, portée par la
musique. Elle est complice avec ses musiciens, sans laisser le public en reste. Elle sait faire le show. Au bout de 30 mn de ce régime, elle est essoufflée, ébouriffée. Sa respiration se
fait haletante.
Il est 15h05, le set à été court, mais Metric a remplit sa part du marché. Le public est fin prêt pour repartir pour une nouvelle journée de concert et de plaisir. Notre belle chanteuse, de son
côté, repart en coulisse, une serviette sur le coup, lessivée. "Thank you for your love!"
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C'est à la nuit tombée que Birdy Nam Nam
entre sur scène. Les quatre lascars chauffent le public à blanc. La température monte d'un coup. Des filles, volant au-dessus de la masse, font tomber le haut. Jusqu'où vont-ils emmener la
foule?
C'est avec des scratchs en guise de flûte que ces messagers entrainent les festivaliers sous terre. L'atmosphère évolue. L'air devient suffocant mais
les Nam Nam captent toujours l'attention. Ils se font les guides d'un long voyage dont on ne sort pas indemne.
Pour arriver à leurs fins, les quatre DJs s'appuient sur un envoûtant jeu de lumière : de la nuit étoilée au monochrome de Nam Nam, en passant par des explosions de Tetris. Le charme
opère. Une transe visuelle et auditive collective s'installe. Bien calés derrière leurs tables de mix, les ombres bougent. Dj Pone commence à frapper l'air de son poing rageur. Que
cherche-t-il ? A expier le démon qui sommeille dans ses samples ou à encourager la foule ?
Dj Need de son côté entrecoupe son jeu de danses des esprits. Quelque part entre les années 80 et aujourd'hui, des êtres singuliers et étranges ont gardé cette technique ancestrale du mime
d'instruments, sans bouger les membres inférieurs. La fosse lui embraye le pas et une énergie énorme se dégage de cette communion. Le public est séduit. Il est définitivement perdu pour la déesse
de l'ennui.
Le rock est bien la "musique du diable" et les Birdy Nam Nam l'ont bien compris. C'est avec le sentiment du devoir accompli, ayant fait traverser le Styx à tant de personnes en même temps, que
résonnent ces mots de Little Mike: "Ici, c'est Paris !"
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11 ans déjà que le général Patton n'avait pas réuni ses troupes...
C'est chose faite ce soir. Et si le set en découragea certains, les fans - en écho - sont loin d'avoir oublié le raz-de-marée provoqué par Album of the Year en 97.
"Sweet sweet Paaaris !" clame Mike Patton, le chanteur hors-norme de la formation. A ses côtés, toute
l'équipe de 1997 : Billy Gould, Roddy Bottum, Mike Bordin et Jon Hudson. Ce soir, c'est donc une page de l'Histoire qui se joue.
Il faut dire que Faith no More a su imposer le son d'une génération : celui du métal alternatif. Et, comme si cela ne suffisait pas déjà, les musiciens s'étaient même permis dans leur carrière
quelques écarts hip-hop, jazz ou pop. C'est dire !
"Epic", "We care a lot", "Midlife crisis" ou encore la reprise des Commodores "Easy"... Tous ces titres ont donc enfin repris vie.
Sur scène : un rideau rouge lynchien pour toile de fond. Devant : le combo en costards pastels à la porte-flingue, la rose à la pochette et la canne de Patrick Hernandez à la main. La moustache
est fine et le cheveu gominé en arrière. Ambiance mafia italienne à souhait. Seul intrus dans le tableau de famille ritale : le batteur et ses dreadlocks. Gloups !
Dans la foule, Mouss - le chanteur de Mass Hysteria - récite par cœur les couplets, tandis que sur scène les guitaristes de Billy Talent et de The Offspring s'amusent à quelques
headbangings.
Le micro en écharpe, et après une introduction Soul à rouler des galoches, Patton enchaîne les titres avec sa voix si spécifique. Mi-hargneuse, mi raisonnante. Mélange de cris étranglés et de
grondements plutôt nerfs que muscles. La bête tourne en rond comme un félin, grogne, guette et s'asperge d'eau, quand il ne la crache pas tout simplement sur le sol. Hagard.
Et quand "Easy" retentit, c'est le chaud-froid. Le crooner reprend le dessus, gentleman, laissant de côté ses précédents rugissements et autres hurlements de fond de gorge. Coquin, va !
Seule date française de cet été ? Côté émotions, c'est l'hydrocution. Un café, l'addition. Le public en redemande.
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Du monde se presse derrière la scène,
certains s'agrippent aux poteaux depuis l'allée technique, d'autres s'amassent sur les côtés de l'avant-scène et le public est bien sûr chaud comme jamais: aujourd'hui à Rock en Seine, tout le
monde voulait voir The Offspring.
Et
l'entrée en matière était plutôt efficace: le concert s'ouvre sur le dernier tube du groupe actuellement en boucle sur les radios et le public se déchaîne, plus motivé que jamais à accueillir
encore un peu de punk rock sur la Grande Scène. Et en parlant de punk rock, celui-là a ravivé la flamme de beaucoup d'ex-ados pour qui les années 90 sont revenues en moins de deux.
Et sur scène, rien (ou presque) n'a changé: Dexter Holland et ses cheveux peroxydés braillant avec la hauteur vocale qu'on lui connait, Noodles et ses cheveux blancs se déchaînant sur sa guitare
et Greg K berçant sa basse inlassablement, les lunettes noires accrochées aux tempes.
Tube après tube, c'est la foire aux chaussures qui volent, aux slams, pogos et autres festivités traditionnelles du punk rock. Et la vapeur, s'échappant de ces corps en fusion qui ne pensaient
peut-être pas avoir droit à un forfait sauna avec leur billet de concert. Pas de doute, on est bien à un concert de punk rock, dont les californiens maîtrisent chaque note, chaque temps mort. Et
on s'en rend compte quand Dex change de guitare, boit un coup, et se colle à son micro dans un enchaînement parfait.
Finalement, ce qu'on a vu ce soir sur la Grande Scène, ce sont de vieux roublards, multimillionnaires, mais qui s'en foutent, qui sont là pour se faire plaisir. Car même après avoir entendu jouer
"Come Out And Play" des milliers de fois, quand on voit Noodles tripper sur sa six cordes de la sorte, on a aucun doute sur le pied qu'il est en train de prendre. En parlant de pied, voilà encore
une chaussure qui vole.
Encore quelques tubes et le concert s'achève sur « Self Esteem », hymne du groupe qui finit de mettre tout le monde d'accord.
Les lumières s'éteignent et les visages s'illuminent : ça faisait bien longtemps qu'on ne s'était pas sentis aussi jeunes !
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Anne-Laure Degasne (coord.)
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