TETES D'AFFICHE 2008
> Rage Against the Machine
> The Streets
> The Raconteurs
>
R.E.M.
> Tricky
EN SAVOIR PLUS
> Compte-rendu complet
TETES D'AFFICHE 2008
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> The Streets
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R.E.M.
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> Compte-rendu complet
Le rock. Cet hymne à la libération. Ce cri. A travers chaque décennie, on l’accusa de pervertir la jeunesse endormie. D’exciter les
mœurs avec une moue lubrique. On brisa ses disques, on le pourchassa jusque dans le Mississippi et on brûla ses exemplaires en place publique. Au
pilori. Au nom d’une morale, d’une religion ou d’une politique. De l’ignorance. Un feu transposé plus tard à la cause sud-vietnamienne sur la 1ère pochette des
Rage Against The Machine, représentant un moine s’immolant. De quoi se faire
culbuter les yeux et les oreilles, tant par la musique que par son message. Parce que la révolte favorise les lendemains qui chantent. Les soirs
aussi. Surtout.
Car oui, le rock est un état d’esprit. Sauvage. Inoxydable. Une énergie. Une des seules capables de taillader les tabous sociaux, sexuels et raciaux en crachant à leur face rancie. En les scalpant de tout a priori. Et c’est les muscles suintants et saillis en plein concert, que l’on exulte sa rage, expulse ses doutes, les coudes dans la mâchoire de son ami d’un soir. C’est ce son qui vous tabasse, un doigt tendu ou un poing, c’est selon. Le rock est une apnée, une hystérie, sorte de célébration païenne sous forme d’incantations à la Tricky. C’est un appel des bas-fonds à la The Streets ou en provenance des clubs libertaires à la Mix Master Mike. C’est selon.
Mais il faut avouer que le rock, aussi orgueilleux soit-il, réclame souvent son du. Un investissement, un sacrifice, un don nu tant de la part du public que de ses artistes. Rock en Seine #6 : le chiffre du Malin ? Il faut en payer le prix. Et si celle-que-l-on-ne-nomme-plus a effectivement bu dans la coupe, le verre n’en demeure pas moins plein. Au contraire. Son contenu fut touillé par Apocalyptica, gargarisé par R.E.M., distillé par Wax Tailor, tourné au vinaigre par Jon Spencer Blues Explosion et fermenté par The Raconteurs. Le tout, nettoyé de tout nitrate, lapé par 76 000 festivaliers et poivré aux effluves de sueur.
Le rock d’aujourd’hui est plus qu’une musique, c’est une chance. Les chaussures volent. Avec nos émotions. Les vidéos et les écrits, eux, tiennent le pavé.
2009, nous voilà... Fouette cocher !
Et à l’année prochaine.
Il fallait en profiter. Profiter du dernier concert du festival. Du remplaçant involontaire d’Amy
Winehouse. Du chanteur Mike Skinner... Car ce soir, tout prend fin : l’édition 2008 et l’ultime tournée d’une formation. Mais l’espoir, lui, est toujours là.
Parce que plus que sa musique, l’accent même de son rappeur est tout aussi évocateur. Symbolique. Un accent à couper le fog (brouillard anglais) au
couteau. Car Skinner vient de là. De la rue. Des Midlands. De la classe ouvrière anglaise dont il a adopté le phrasé. Précisément cette
jeunesse désemparée et sous-estimée. Celle qui doute tous les jours. Celle que l’on nomme les Chavs. Un accent donc, qui suinte
l’argot, les expressions imagées et les rimes attentées. Idéal pour habiter un rap évocateur. Tant sur le fond que sur la forme.
Et pourtant, cet accent est souvent imité. Repris par un bon nombre d’acteurs ou de chanteurs anglais. Mais Skinner ne fait pas dans l’exotisme, lui. Il
est. Dans le fantasme contemporain d'une société sans classe, le rappeur UK apparaît comme un Oliver Twist moderne. Tout simplement. L’occasion de restituer un
quotidien au monde, une réalité volontairement oubliée. Pour les kids, c’est une incarnation à laquelle s’identifier. Une revanche anglaise sur son ère monarchique. Le reflet d’un miroir
face à son Histoire victorienne.
Car dans toute société, il subsiste l’idée d’une sous-classe barbare. Perverse. Dangereuse pour la vie placide des élites bourgeoises. C’est
l’autre. On ne le connaît pas. Et on s’en méfie. Skinner, lui, rappelle qu’un pays ne doit pas seulement regarder vers ses flux migratoires, mais se poser la question de son
propre passé. De sa mémoire collective. De la transmission que cela incombe pour comprendre et ne pas recommencer les mêmes erreurs.
Il joue ainsi les poils à gratter, à la manière d’un Ken Loach. D’un sociologue malgré lui.
Sur scène, Skinner transmet donc son histoire de façon sereine et faussement impassible, tel le thé se diffusant dans le lait. La simplicité règne, mais elle est lourde de sens. A l’image de son
message. De son public. La foule jump avec lui, comme portée par le groove chaleureux des instruments. L’auteur se permet même un
slow langoureux et une reprise railleuse de la grande absente de la soirée. Avant de finir son exposé par un slam torse-nu dans la foule. Parmi les
siens. Les gars de la rue.
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officiel
Le concert d’Amy Winehouse qui devait clôturer la 6ème édition de Rock en Seine a été annulé à la dernière minute ce vendredi 29 août.
Après avoir braqué tous les festivals d'Europe, les Raconteurs ont encore fait parler de leurs guitares à Paris. Avec ces colts de circonstance, le public ne peut que lever les mains en
l'air.
Attention
ces gars-là ne sont pas des pieds tendres alors pas d'héroïsme et tout se passera bien. Les vigiles ont fait ce qu'ils pouvaient pour
défendre le coffre, mais ils ont dû se contenter d'extraire les rescapés de la foule pendant Hands.
Une fois le guichetier assommé, ils passent à une opération plus délicate : le coffre-fort. Pour faire les
choses comme il faut, Jack troque sa guitare électrique pour le clavier folk pendant que Brandon couvre la sortie. Mais White a beau tomber la veste, travailler minutieusement et secouer ses rouflaquettes sur Old Enough, rien n’y fait. La porte reste close.
Une seule solution s’impose : envoyer la dynamite. Alors White, viril, reprend sa guitare pétaradante. Le son gronde, vrombit, égratigne. Ils s’y mettent à cinq pour faire exploser Steady as she goes. Et ça marche. Jackpot ! Keeler (le batteur), fier
de lui, sort le violon pour fêter ça et les otages suivent dans toute leur allégresse.
Vient l’heure de la fuite. Avant de se lancer tête baissée, les desperados font taire les guitares quelques instants. Pour assurer leur retraite, le gang décide de mettre tout le monde d’accord avec les imparables Salute Your Solution et Broken Boys Soldier. Dans une épaisse fumée, les Raconteurs disparaissent enfin dans la nature après avoir salué leur public.
L’histoire raconte qu’ils seraient repartis aux U.S. pour continuer leurs méfaits…
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Jamie Lidell nous a gratifié d’un set digne d’un véritable « after » de 16 heures du matin. Quand on
débarque de Berlin, un après-midi à Paris comme celui d’aujourd’hui, ça ressemble à Ibiza.
L'artiste est arrivé,
l’air débonnaire et le nœud pap’ défait. Puis il s'est lui-même ciré les pompes avant de saluer la foule. Le concert débute, entre beat-box et samples, avec un Mocky à la batterie (à ne pas confondre avec notre cher compatriote réalisateur) tout juste sorti de son lit. Vêtu de sa robe de chambre, il n’a pas
pourtant pas la gueule de bois. Vif et adroit, le bougre fait hocher tout le public de la tête. La « party » commence. Spectateurs, préparez vos baskets ! Ca va swinguer !
Derrière sa table de mixage, Jamie emmène l’assistance dans un monde parallèle où sa voix n’est que beats et samples. Les bras commencent à se lever dans la foule en signe de symbiose avec la musique. Le chanteur glisse sur le devant de la scène puis esquisse quelques pas de danse qui l'aideront à entrer dans son flow de dandy funk.
Coup de théâtre final, Gonzales s’installe au piano dès les premières notes du dernier single de Jamie, Another day. Il sort
enfin le Steevy Wonder qui sommeille en lui. Ce renfort de dernière minute donne une nouvelle dimension, plus ensoleillé, au set. Forcément, quand on
arrive en costard frais et dispo pour jouer sur scène, cela change la donne.
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Discrètement, je m'immisce dans une conférence de presse où l'auditoire - nombreux et discipliné - écoute dans un silence quasi
religieux Gaspard et Xavier, les deux prêcheurs de Justice. Les voix sont discrètes. L'assistance
tend l'oreille et garde les yeux rivés sur le duo. Beaucoup de filles dans les rangs... Au diable la raison et la conscience professionnelle, je... me suis égaré !
Revenons-en à nos deux protagonistes qui s'arrêtent un instant sur l'histoire du clip subversif « Stress ». « Notre démarche était purement esthétique. Nous n'imaginions pas une telle polémique ». Et le sujet est clos. Du fond de la salle, une voix (féminine et fébrile) s'élève. Une jolie brune veut en savoir plus sur le "son" made in Justice. « Nous ne caractérisons pas notre musique comme de l'électronique, dont la définition nous apparaît bien trop large. Nous faisons plutôt... de la pop 2008 ! »
Quant aux projets, Justice pense déjà à « l'après ». Ils s'absenteront de la scène deux ans, le temps de composer un nouvel album. Mais que les fans se rassurent ! L'agenda de Justice est encore bien rempli. Ils poursuivent leur tournée à travers le monde jusqu'en octobre. Enfin, un documentaire sur le groupe - tourné aux Etats-Unis en mars dernier - devrait sortir en novembre.
Et aujourd'hui... maintenant... tout de suite ! Ici à Rock en Seine, que va-t-il se passer ? « Paris est l'endroit le plus difficile à jouer sur Terre ! On joue à domicile ! » Le duo prépare actuellement pour novembre un CD / dvd live, appelé A Cross the Universe, comprenant un documentaire coréalisé par SoMe (clip D.A.N.C.E. et créateur de l'identité visuelle du groupe) et Romain Gavras (clip Stress). De plus, les internautes sont sollicités pour la fabrication du livret en envoyant des photos ou oeuvres d'Art « fun ou (dramatiques) en lien avec Justice » à l'adresse : material@edbangerrecords.com
L'assistance quitte les lieux, remercie les artistes. Certaines osent une derrière oeillade... Mais la messe est dite !
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Mèches longues et lunettes de soleil de rigueur, le groupe pop-rock parisien enchaîne les interviews dans l’Espace Presse.
Excités ou stressés à l'approche du
concert ?
Les deux ! Jouer 30 minutes, c’est frustrant mais ça permet de ne pas lasser les gens. Nous avons donc opté pour un set énergique tout en gardant une évolution. C’est une belle fenêtre en tout cas et c’est bien de nous avoir mis à l’entrée du festival. Idéal pour se faire des contacts en vue de notre future tournée début 2009. Du moment que l’on mange et que l’on rigole, tout roule ! Sinon, l’ambiance est détendue. Il y a même l’ingénieur son de The Roots qui est venu nous parler de notre nom…
Justement, on vous en parle beaucoup ?
Ca en amuse certains, ça en énerve d’autres. Mais cela provoque toujours une réaction. En Angleterre, c’est la loose parce que le fils de Beckham porte le même nom que nous. Sinon, un blog américain a dit : « What’s the fuck ? Aucun groupe US n’avait pris ce nom et il fallait que ce soit des Frenchies qui se l’approprient ! » Enfin, un vieil artiste funk des années 80 nous a contacté sur MySpace parce que nos noms de groupes respectifs sont homonymes. Il aime notre travail. Ouf ! Au moins, nous n’aurons pas à beaucoup dépenser en merchandising… (Rires) Mais oui, nous sommes pressés de sortir notre deuxième album pour parler enfin musique.
A ce propos, comment s’est déroulé l’enregistrement ?
Nous avons beaucoup travaillé avant l’entrée en studio. Maintenant, nous essayons de faire sonner le live comme l’album, pour que la différence ne soit pas trop grande, comme c’est le cas avec les Klaxons bien qu’ils aient changé. Nous faisons une musique simple et efficace. On ne voulait pas faire un truc que nous ne maîtrisions pas, avec plein de claviers. C’est plus facile pour les voyages. Nelson, eux, ont plein de matos. Ranger leur camion, c’est comme jouer à Tetris…
Et la rencontre avec le producteur Clive Martin ?
Génial ! Il a clarifié nos idées et nous a fait prendre conscience de nos faiblesses. En plus, le studio
Vega (Ndla : dans le Sud de la France) est très isolé et vintage. C’est une vraie maison !
Nous avons tout réalisé en direct et réenregistré les parties vocales et les guitares pour appuyer le propos. Cela donne un album très cohérent. D’ailleurs, nous avons fait une surprise à Clive
pendant qu’il mangeait. On a enregistré un petit délire qui se trouve être… la chanson cachée de notre album.
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Fondé par Lionel Pierres, ancien membre d’Abstrackt Keal Agram, Fortune est un combo issu de la Sélection Avant
Seine. « Le groupe existe depuis un an et demi, explique Lionel. On travaillait déjà ensemble avec Pierre et Hervé quand Pierrick nous a rejoint."
Et Fortune
et Abstrackt, c’est très différent. Qu'on se le dise ! « Avec Abstrackt, nous avions un public de mecs à capuches. Avec Fortune, on a un public plus féminin. C’est hyper agréable ! »
D'un projet assez personnel à la base (celui de Lionel), Fortune a très vite évolué et fonctionné comme un vrai groupe. « Aujourd'hui, on bosse la plupart des compos ensemble. On va dans ce
sens-là et c’est bien ! Il faut se méfier du coté rock-électro. Car ça peut vite manquer de personnalité. Nous avons des influences communes mais
aussi beaucoup de choses qui nous différencient. Au blind-test, à nous quatre, on est pas mal ! ».
Il avoue qu'il y a quelques encore il ne pensait pas à cela. « Tu peux être aussi très moderne en jouant avec des instruments électriques. Je pense que la technologie est ultra-importante et que
l’on ne peut pas faire sans désormais. Ces derniers temps, j’ai beaucoup écouté les Talking Heads et je reconnais que ce que l’on fait, sur certains morceaux, pourrait presque être une version 2.0 de ce groupe ».
Mais le passage d’un son plus électronique à une formation plus classique (guitare-chant / guitare / basse-samples / batterie) n'a pas été suivi par certaines personnes, fans d’Abstrackt. « Ils n’ont pas compris le revirement. C’est juste que l’on est des passionnés de musique et que l’on aime beaucoup de choses. Avant Abstrackt,
j’avais déjà un groupe rock où je chantais. Je suis juste revenu à ça !»
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Sur le site de nombreux espaces sont à disposition des festivaliers. Afin de s’y retrouver dans cette jungle, quelques repères.a Ladies and gentlemen, voici le Top
five :
Number 5 : Ah les jolis joujoux
Attentionnn !!! C’est parti. Samsung a les moyens, la marque a débauché l’un des animateurs de la foire du trône pour appâter les badauds. Et ça fonctionne ! Sur
ce stand immaculé, vous pourrez admirer de beaux objets, qu’ils soient électroniques ou en mini-short blanc... Cependant, le jeu concours ne permet de gagner que des téléphones.
Damned !
Number 4 : Ce soir c’est SAM qui conduit
Boire ou conduire, il faut
choisir. A Paris, les festivaliers n’en ont cure, ils ne sont pas venus en voiture. Essayez pourtant de faire le parcours proposé avec les lunettes
simulant l’effet d’une consommation de deux verres d’alcool. Si vous preniez malgré tout le volant, arrêtez-vous au stand jus de fruit d’à côté. Pour les autres, rendez-vous au green house en
face.
Le stand de SAM reçoit la mention spéciale du public pour sa banderole fuchsia qui pique les yeux.
Numbre 3 : RIF, la région rock
En France, la
Bretagne reste le leader en termes de festivals. Mais reconnaissez tout de même que RIF (Région Ile de France), ça sonne mieux ! Sur ce stand, compiles et autres goodies sont légion. Et pour
ceux qui veulent prolonger le festival, de nombreuses informations sur les concerts à venir (dans chaque département) sont à disposition. Excellente initiative
!
Number 2 : SFR à votre service bonjour !
Depuis l’avènement du MP3, musique et téléphonie font bon ménage. L’espace SFR présente un environnement dédié à la musique live. Sur une mini scène « Jeunes
talents », des concerts intimistes alternent avec des séances de dédicaces. Des guitares Epiphone sont aussi mises en jeu… pour (peut-être)révéler les talents de
demain.
And (standing ovation) Number 1 : Pas besoin de slim pour être rock
Levi's, marque mythique et intemporelle, a déculotté tous les autres stands. A vous mesdemoiselles de venir jouer les mannequins avec la dernière
collection. Pendant ce temps, ces messieurs tenteront de vous gagner des goodies dans un jeu mêlant équilibre et logique. Pour parfaire votre style
n’hésitez pas à faire customiser vos fringues par des pros. C’est ça le rock !
Liste des personnes aperçues dans l’Espace Presse.
Artistes
Gaëtan (Louise Attaque), André Herman Düne, les ex-membres de Kyo, Axel Bauer et son fils, la section beatbox de la chanteuse Camille, Arthur H., BB Brunes
Animateurs
Pierre Mathieu (M6), Mélanie Bauer (Radio Nova), Victor Robert (Capa), Philippe Manœuvre (Rock & Folk), Stéphane Saunier (Canal+)
Les acteurs
Lou Doillon, Joël Cantona
Les oubliés
Un acteur de la sitcom Hélène & les Garçons, une candidate malheureuse de la Nouvelle Star
Les politiques
Jean-Paul Huchon, Michèle Alliot-Marie et ses nombreux gardes du corps
Youri Lenquette tire le portrait
des artistes
Difficile de rédiger un article sur l'expo de Lenquette sans se laisser aller à quelques jeux de mots pas forcément de circonstance. Dans cet article donc, il n'y aura ni riz doux dans la
blanquette, ni souris menant l'enquête, seulement des impressions glanées çà et là auprès du public de l'exposition.
Précisons que le photographe nous présente ici des portraits d'artistes photographiés durant leurs tournées. La plupart d’entre eux
pourraient très bien se retrouver sur les scènes du festival aujourd'hui. On peut ainsi y découvrir Tricky (qui a joué hier), The Kills, Les Rita Mitsouko (au programme du festival l'année
dernière), ou bien encore Snoop Dogg, les Pixies, FFF, etc.
Les visiteurs de l’expo sont à l’image du festival : éclectique ! Cela dit, les trentenaires (et plus) semblent les plus intéressés
par les clichés, confie Charlène, bénévole sur l’expo. Et comme pour confirmer le propos, un groupe de quatre curieux avoisinant la trentaine s'adonnent devant moi à un blind test... Et
apparemment, dans le groupe, il y a un cador. Il approche de la fin de la « visite » et peut se targuer, d'après ses amis, d'un quasi sans faute.
Si vous êtes tentés par ce petit jeu de devinettes, des flyers sont disponibles à l'entrée, indiquant le nom et l'emplacement de chaque artiste photographié. Un livre d'or est aussi mis à la
disposition des visiteurs. On peut notamment y apprendre qu'une erreur se serait glissée sur le flyer à propos de Lou Reed... Certains d'entre vous ont-ils aussi pu constater cette incohérence
?
Sur « Le M.U.R.
»
Pour la seconde année consécutive, l'association le M.U.R. (Modulable Urbain et Réactif) s'invite à Rock en Seine. En 2007, des créations avaient été réalisées en live sur le festival. Cette
année, le thème, c'est le tatouage. 21 artistes ont composé librement sur cette idée directrice. Et le résultat est particulièrement varié : une représentation très rock d'un avant-bras
tatoué de noir, des silhouettes humaines peintes de couleurs flashy, des photos retravaillées à la peinture.
Jean Faucheur, vice-président de l'association est présent sur le site pour échanger avec les festivaliers. Rock en Seine représente un véritable intérêt pour l'association. Exposer les
créations sur les arbres de l'allée principale d’un festival correspond tout à fait à l’esprit de M.U.R. dont l’ambition est, rappelons-le, de promouvoir l’art urbain.
Outre ces manifestations ponctuelles, l'association propose à des artistes, depuis plus d'un an, de tagger un ancien espace publicitaire du quartier d'Oberkampf (dans le XIème arrondissement de
Paris). L'objectif est aujourd’hui de multiplier le nombre de « murs » disponibles et de participer à des événements tel que Rock en Seine.
Prochaine opération de l'association, l'exposition de Villeglé, artiste contemporain de renom. Aujourd’hui âgé de 84 ans, l’homme a notamment travaillé autour de la thématique « affiches déchirées ». A découvrir…
Entre deux concerts et deux bières, les festivaliers en mal de culture littéraire se retrouvent autour des livres réunis par Valérie et son équipe, dans la bien nommée Bibliothèque Rock Idéale,
initiée par la Ville de Saint-Cloud.
Book-crossing
Pour la
deuxième année consécutive, vous pourrez venir flâner parmi les rayonnages, consulter la sélection des livres Rock de la bibliothèque, ou bien vous plongez dans une lecture assidue, enfoncés dans
les fauteuils et les poufs qui vous attendent là. Et ce qui ne gâche rien, vous serez accueilli par Laure et son joli sourire.
Certains ouvrages comme les encyclopédies et livre d'arts ne se consultent évidemment que sur place. Mais les autres (plus de deux cent livres) sont échangeables. Sur le principe du
book-crossing, vous pouvez ramener un de vos bouquins qui, de par ses thèmes, son ton ou encore son auteur, se rapproche de l'univers rock. Vous pourrez alors repartir avec l'un des livres
présents sur les étagères ou les tables.
Une bien belle sélection où l'on retrouve, entre autre, les livres de Bukowski laissés par les festivaliers l'année dernière. Parmi les cadeaux faits cette année par les lecteurs, un recueil de
poésie de Jim Morrison.
Impro-biblio
Quatre fois
par jour environ, le lieu est investi par deux membre de la LIFI, la ligue d'improvisation qui, à partir d'un extrait proposé par les lecteurs ou choisi au hasard, nous livre une scène,
improvisée donc, et souvent humoristique. Elsa Prucchetti et Olivier Descargues sont là eux aussi pour la seconde fois, et avouent que parfois il leur est bien difficile de se concentrer lors des
concerts les plus bruyants. Pourtant, le public, constitué d’une vingtaine de festivaliers, réagi très positivement aux sketches proposés où l'on peut croiser aussi bien des admirateurs d'Iggy
Pop que des fans de la première dame de France.
Sélection
Si
l'envie vous en dit, vous pourrez enfin jeter un coup d'œil sur les livres que vous conseillent Laure (Mon Chien Stupide de John Fante, J'irai cracher sur vos tombes de Boris
Vian, Lorsque j'étais une oeuvre d'art d'Eric-Emmanuel Schmitt) et Valérie (Delirium Tremens de Ken Bruen, Hyperion de Dan Simmons, Doublez votre mémoire de
Philippe Katerine).
Leur coup de cœur ? : Y en a marre de blondes de Lauren Henderson. Quant à nous, entre les romans de Bret Easton Ellis, les essais de Greil Marcus et le manga Nana de
Ai Yazawa, notre cœur balance.
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Anne-Laure Degasne (coord.)
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Florent Choffel (graphiste)
Camille Larbey (rédac.)
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