Portraits orgas

Jeudi 27 août 2009

Premier concert et disque acheté ?
Le premier concert c’est Nirvana, avec pour première partie Sonic Youth en 91. J’en rêve encore… Quant à l’album, c’était « True Blue » de Madonna.

Pourquoi l’association Le M.U.R. va-t-elle customiser des aérosols, plutôt qu’habituellement… un mur 
Effectivement, pour rappel, l’association de Le M.U.R. - qui officie rue Oberkampf - invite toute l’année des artistes à prendre possession d’un mur. Après avoir travaillé sur des bâches géantes en 2007, l’équipe de Jean Faucheur voulait diversifier son approche. Gautier Jourdain, qui est à l’initiative de ce projet, est un passionné de streetart. L’idée était de proposer à 400 artistes de graffiti de customiser leur propre instrument de travail, à savoir la bombe aérosol qui contient 400ML de peinture.

Comment votre choix s’est-il arrêté sur Robin pour Rockfolio ?
Son talent, sa gentillesse, une rencontre… Les critères ont été les mêmes qu’avec les participants précédents : Claude Gassian, Jean-Baptiste Mondino, Philippe Lévy, Youri Lenquette et Craig Robinson. Le concept : une minute de prise de vue lors de chaque émission de l’Album de la Semaine sur Canal+, un vieux monte-charge mal éclairé, et un résultat qui parle de lui-même… D’autant que nous avons recréé ce monte-charge, à l’échelle du festival, dans lequel flottent les photographies en grand format. Et même en travaillant dessus depuis des mois, le résultat est impressionnant !

Quel est le concept de Rock’chroniques ?
On est parti d’un constat : Rock en Seine est une ville (30 000 festivaliers par jour), éphémère (3 jours), localisée à Saint-Cloud (au cœur du Domaine national). Nous avons donc monté un partenariat avec la ville, notre partenaire historique, en montant une brigade de chroniqueurs pour capter l’ambiance du festival par le biais de la photo, la peinture, l’écriture ou le graff. Le résultat sera édité dans un carnet collector.

Quel livre mettrais-tu dans la Bibliothèque Rock Idéale ?
En ce qui me concerne, c’est vraiment dur de n’en citer qu’un ! Mon top 10 dans le désordre ce serait « Premier Amour » de Samuel Beckett, « Le Bruit et la Fureur » de William Faulkner, « Pulp » de Charles Bukowski, « Mon Chien Stupide » de John Fante, « Le Banquier Anarchiste » de Fernando Pessoa, « Tropique du Capricorne » de Henri Miller, « Dans le café de la jeunesse perdue » de Patrick Modiano, « La Transparence des Choses « par Vladimir Nabokov et « Breakdowns » par Art Spiegelman… Vous l’aurez compris, c’est vraiment mon endroit préféré sur le festival !

Quels dj’s animeront le camping cette année ?
Le samedi c’est José, chanteur du groupe rock Stuck in The Sound (cru 2005 des Avant Seine). Puis samedi, David Barrat, qui mixe dans le cadre des mythiques soirées garage Gloria. Enfin, Hervé Siard aka Futon, bien connu de celles et ceux qui s’attardent dans les bars et clubs du nord de Paris…

Enfin, quelles sont les actions que le festival mène en terme de développement durable ?
Rock en seine est installé dans un parc classé monument historique. Du coup dès l’installation, nous avons de nombreuses contraintes : la protection des arbres, la gestion des déchets, les équipes se déplaçant en vélo ou la réduction du nombre de véhicules. Ensuite, nous tentons de minimiser l’impact des festivaliers : tri des déchets, installation de toilettes sèches, gobelets consignés, vaisselle jetable en bois, limitation du son et mise à disposition de bouchons d’oreilles. Enfin, nous informons très largement sur l’utilisation des moyens de transports et réaliserons, à la fin du festival, un bilan carbone. Bref, on se croirait presque dans une campagne tranquille. Hier, il y avait même une chèvre sous un des chapiteaux...



Par Samuel Degasne
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Mardi 25 août 2009

Le festival approche. Comment s’organisent les journées ?
Avec Salomon - l’autre programmateur - et toute l’équipe, nous faisons en sorte que l’accueil technique et humain soit conforme à la demande des artistes. Programmer, ça n’est pas que décider d’un nom. C’est également prévoir tout l’environnement autour par rapport à un calendrier, un budget et nos possibilités.

Justement, à propos des choix artistes, comment arrive-t-on à un équilibre ?
Le festival possède trois scènes, donc cela nous laisse de la latitude. Nous bouclons les grosses formations dès l’automne. On ne réfléchit pas en termes d’échantillonnage de styles, mais plutôt d’importance et de découvertes. L’offre parisienne à l’année étant extrêmement riche en terme de concerts, il nous faut donc proposer de l’inédit ou du culte. Cette année, nous avons essayé de nous recentrer sur le rock et sur des formations plus live.

Peut-on constater une hausse des cachets ?

L’inflation s’est vraiment faite il y a 3 ans. Il n’y a pas eu d’évolution depuis, dans un sens comme dans un autre. En France, il y a de toute façon une bonne résistance à la surenchère. Et puis, même concernant les exclusivités, le phénomène reste mineur. Quand le groupe ne joue que dans ton unique festival pendant l’été, généralement c’est aussi parce que ça l’arrange…

Comment s’est effectuée la programmation des Petits Pois ?
Tout d’abord, nous ne pouvions pas les appeler « X », parce que le nom existait déjà. Nous n’allions donc pas leur donner comme nom « Y », ça aurait été ridicule. On nous a contactés, la billetterie marchait très bien et nous offrait de la souplesse, donc on s’est dit « banco ! ». Peut-être que ça donnera des idées à d’autres groupes de monter un projet similaire pour les futures éditions…

Quels groupes avons-nous manqués cette année ?
Pour 7 groupes démarchés, un seul est signé en raison d’un grand nombre de paramètres. Ceci dit, je pense notamment aux Arctic Monkeys qui devaient venir, mais enchaînaient deux festivals anglais le vendredi et le samedi. Que le groupe veuille se repose le dimanche parait tout à fait normal. Je trouve ça même très bien.

Que faut-il retenir de cette édition ?
Le fait que certaines têtes d’affiches soient autocentrés 90’s est l’arbre qui cache la forêt MGMT ou Vampire Weekend, car nous avons essayé de proposer un mix entre les générations en évitant un son monolithique toute la journée. Je suis notamment très content que nous puissions accueillir la reformation de Faith No More. C’est un privilège. Et puis, grâce à la fermeture plus tardive des métros, nous avons pu réaliser des plateaux de choix en fermeture avec les Birdy Nam Nam ou VItalic. Pour moi, un festival rock, c’est aussi ça…

>
Radical Production



Par Samuel Degasne
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Dimanche 23 août 2009

null Comment se porte l’ambiance ?
Je suis super content de la programmation ! Il fait beau, tout va bien. Histoire de conjurer le sort, je pense que nous allons même acheter des bottes… (Rires)

L’affaire Amy Winehouse, du passé ?
La procédure judiciaire est en cours, donc je ne suis pas disposé à en parler, ni à m’étendre dessus même si tout le monde pose régulièrement la question. Pour ma part, je préfère tourner mon regard vers l’avenir.

Comment est née l’idée de l’affiche ?
Nous avons retenu une des propositions de notre graphiste. Le personnage répondait à plusieurs critères : une mascotte comme étendard graphique, un style encore inédit dans notre mythologie, puis un pont entre les générations (mi-fantômette, mi-ninja). Enfin, il faut aussi l’avouer, on cherche également à se faire plaisir, parce que la mascotte, nous vivons avec 9 mois par an !

Une majorité de têtes d’affiches eigthies, est-ce volontaire ?
C’est le hasard des calendriers des tournées et des sorties d’albums, même si chacun représentent un vieux rêve. Les concerts de rock ou de pop sont de véritables bijoux de cohésion. Qui mieux que les formations cultes pour en perdurer l’esprit ?

Le secret autour du projet des Petits Pois, est-ce contractuel ?
On nous a demandé effectivement de garder le secret. Au début, nous ne savions même pas qui c’était ! (Rires) L’agent artistique nous a juste demandé de trouver un nom de légume et les protagonistes ont adoré l’idée. Maintenant que nous savons, nous tenons nos engagements. Nous ne nous doutions pas que ça allait générer autant de buzz. Des conditions pareilles seraient assez difficiles à reproduire.

Nouveauté cette année : des arbres ont été coupés...
Oui, mais c’est juste une allée. Des platanes ont effectivement été abattus pour éviter tout problème de sécurité. Nous avons géré la décoration en conséquence.

Et ce projet autour de la mode auquel vous réfléchissez ?
Toujours au même stade. Depuis 2004, nous montons de nouvelles opérations autour des concerts : photos, vidéos, dessins, garderie, etc. Ces passerelles rock me semblent importantes. Je n’ai pas encore trouvé la bonne formule, mais quand je vois à quel point la musique influe sur les modes vestimentaires, je me dis qu’il y a effectivement quelque chose à faire autour de ça.  

D’où est venue l’idée de ces passerelles ?
On m’a toujours dit « Ca ne marchera pas ! » Finalement, nous sommes encore là, et l’opération Rock Art avec les graphistes en est la preuve. Vous savez, la plupart des idées d’animations du festival me vienne du livre « The Art of the Modern Rock » de Paul Grushkin, un livre que tout fan de rock se devrait d’avoir. Un jour, j’ai envoyé un petit mot à l’auteur pour lui avouer. Il m’a répondu - enchanté - en me demandant des exemplaires des affiches Rock Art. L’année prochaine, il veut même nous suggérer des graffeurs US…

Et après le festival, les vacances ?
Pour une partie de l’équipe seulement, car nous préparons Europavox en novembre. C’est le rythme classique. Même avec les années qui passent, la routine est un mot que nous ignorons encore. (Rires)

>
Europavox

Photo : © Jennifer de Tinguy

Par Samuel Degasne
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés