L'électro, une musique sans visage ni âme ? Allez donc dire ça à The
Prodigy et son chanteur punkoïd ou son black MC. Car ce soir, les pionniers de la big beat ont retourné le festival avec rage et férocité. Ambiance rave party des warehouses
UK.
Bruyant. Brutal. Extrême. Le recordman de vente de disques de l'Histoire de la dance music a pratiqué la technique de la terre brûlée. Uppercut
dans les gencives. Et nous, K.O., dandelinant de manière hébétée. L'énergie est ainsi demeurée intacte, puissante, explosant à chaque coups sourds des basses, telle le gourdin dans le gong des
festivaliers.
Rien, ni personne n'a été épargné, des lumières épileptiques jusqu'à la transe inhumaine à laquelle la foule s'est adonnée. Ni même les nuages de terre atterris dans le gosier. Come on,
hey ! Car dans les rangs, c'est l'anarchie, la rebellion. Et chaque déserteur s'est retrouvé pieds et poings liés dans une immense et caractéristique machine à laver.
Sur scène, le punk Keith Flint, petit diable malicieux et entortillé, roule des yeux à la Hannibal Lecter. A vous faire pâlir le slip, le doigt sans cesse en l'air. Signe de défi. Car il règne
sur le set une certaine animalité. Une redoutable fureur, style combat de coqs et brâme de cerfs à se frapper le poitrail, déjà envahi de peintures de guerre.
Le MC black - Maxim Reality - crache son flow comme un forcené et bondit nerveusement à chaque déflagration vocale. Il s'échauffe, s'élance sur le ring comme un boxeur voulant rendre les coups.
Et répète autant de "Fuck !" et de "Listen !" qu'un bègue fou atteint du syndrôme de la tourette.
"Voodoo People", "Poison", "Breathe", "Smack my bitch up" (assis/debout)... Le beau-frère de Liam Gallagher (belle ironie !) - Liam Howlett - passe le répertoire à la moulinette, hachant
menu le hardcore, l'industriel et le breakbeat. Le guitariste, lui, fait sécher sa gratte au ventilo. Tranquille. Larsenant au possible les enceintes de ses riffs gouilleurs.
Puis, ce fut le vide. Le calme après la tempête. Un long râle avant le point de non-retour. Fin du set.
Il y a des silences qui vous habitent une nuit. Il y en a d'autres qui vous traumatisent toute une vie.
Come back, Prodigy !
> Page Myspace

Quand il monte sur scène avec violoniste, claviériste,
guitariste (Tom White de The Electric Soft Parade), bassiste et batteur, on a beau savoir peu de choses sur ce jeune anglais, on est déjà captivé. C'est que contrairement à la mode actuelle de la
chemise à carreaux dans le rock, Patrick Wolf présente un personnage exubérant. Il synthétise surtout le meilleur (ou le pire c'est selon) des années 80. Dans ce gaillard aux longs cheveux
peroxydés et aux airs de catcheur intergalactique, l'enfant des eighties peut voir du Mylène Farmer, du Captain Flam, du Lucile Amour et Rock'n'roll, du Duran Duran, du Billy Idol, du Alphaville,
du Muse ou du Marilyn Manson, c'est selon.
Avec un "Are you readyyy... ?" sous l'aisselle et
une lèvre velue à faire pâlir les résidents de l'hospice de Saint-Cloud, Jesse "fuckin" Hugues a réussi à faire dans le défouloir rock. Le tout en jean, s'il vous plaît. Le propos ? Lourd,
pesant, ironique et bien léché. Le type même qui se frotte à votre jambe et vous mâchouille le cerveau comme on chique du tabac texan. Et c'est bien dès les premières secondes que la pétaradante
machine s'emballe et vrombrit, marquée par les claquements de bottines cirées du maître des lieux.
C'est avec des scratchs en guise de flûte que ces messagers entrainent les festivaliers sous terre. L'atmosphère évolue. L'air devient suffocant mais
les Nam Nam captent toujours l'attention. Ils se font les guides d'un long voyage dont on ne sort pas indemne.
"Sweet sweet Paaaris !" clame Mike Patton, le chanteur hors-norme de la formation. A ses côtés, toute
l'équipe de 1997 : Billy Gould, Roddy Bottum, Mike Bordin et Jon Hudson. Ce soir, c'est donc une page de l'Histoire qui se joue.

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