65 000 spectateurs sur trois jours, des sessions acoustiques improvisées en off, une pléiade
de stars venue anonymement de Jack Lang à Axel Bauer en passant par Katerine ou Marco Prince (FFF), des artistes en devenir (Rodeo Massacre, I Love UFO, Pravda…), des partenaires rivalisant d’originalité pour leurs stands
(Levi’s, Imagine’R…), un blog retransmettant l’événement heure par heure, des festivaliers
s’extasiant devant les expositions temporaires (Asso Le Mur, Craig Robinson) et une
météo de plus en plus clémente… Tous les éléments étaient réunis pour que Rock en Seine passe la 5ème.
Et ceux qui doutaient de l’existence d’un prétendant au trône du rock ont bien compris qu’il existait un bon nombre d’enfants illégitimes pouvant à leur manière assurer la fonction.
The Hives, se réappropriant l’Histoire à son avantage, a rappelé que
l’urgence reste l’une des plus belles énergies. Entre invectives provocatrices et attaques fiévreuses, le groupe a prouvé qu’il ne suffisait pas d’être anglais et quarantenaire pour être
efficace. De son côté, Unkle a su réconcilier tous les styles
et sensibiliser les uns aux genres des autres à travers de massives envolées électriques. Tool a constitué une expérience visuelle intense et indélébile, exhortant l’esthétisme en premier plan à coups de massues. Enfin, dans le contexte rock actuel en
proie au doute, quelle plus belle conclusion que Björk ?
Sautillant comme un cabri sur scène, invoquant des bourrasques sonores et des clapotis électro, l’Islandaise a tracé la voie à suivre.
Car aussi improbable que cela puisse paraître, vous aussi, autour du feu, s’adressant à vos petits enfants, vous pourrez dire fièrement : Oui, j’y étais !
A l’année prochaine.
Par Samuel Degasne
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La prestation fut un choc. Irréparable. Historique. Jamais le public n’aura autant été aussi soudé, rejoignant les lumières citadines, encore chaos et hébété
pas le concert.
A-t-on besoin encore de le rappeler ? La prêtresse électro a marqué les années 90. Alternant les styles au grès de ses humeurs, l’ancienne chanteuse des Sugarcubes a fait sans cesse preuve d’un
avant-gardisme déroutant. Une artiste complète et multiforme, capable d’épouser une musique minimale, pop, folk et lyrique dans un charivari baroque. Autant se l’avouer, que l’on aime ou non,
Björk Guðmundsdóttir ne laisse pas indifférente. A la fois expérimentale, mélodique et scénographique, elle repousse continuellement les dogmes de la musique pour s’attaquer de
plein fouet aux émotions.
Et ne nous méprenons pas... Ceux qui voyaient encore en Björk une gentille lutine excentrique, n’ont qu’à se remémorer la liste de ses prétendants de Goldie en passant par Tricky et actuellement
le plasticien Matthew Barney. Sur scène ? C’est pire. Malgré un timide démarrage, la voix puissante et caractéristique de la chanteuse saccade comme à son habitude sa diction... Pour notre plus
grand bonheur. Autour d’elle, une cohorte féminine de cuivres, relookée gospel contemporain. L’esthétisme général emprunte autant les couleurs fades du pastel que les lasers ou les
lithographies d’animaux. Confettis argentés, flammes, stroboscopes et toiles d’araignées sortant de ses manches… L’Islandaise nous sort sa panoplie de magicienne.
Björk parcourt la scène en sautillant et sollicite du regard ses musiciens dans sa parure dorée, fuseau blanc sur les hanches. Le set virevolte entre classiques, sons distordus et torturés,
explosions épileptiques et battements hardcore. Euphorie dans la foule qui reprend en chœur les exhortations de la chanteuse. S’extirpant en coulisses pour boire son mug, l’artiste à l’épaisse crinière brune donne
ses dernières indications avant de remonter sur scène pour faire chanter à la foule un joyeux anniversaire pour deux de ses musiciens. Le concert se finit en apothéose dans un fracas
apocalyptique et assourdissant…
Trois heures après sa prestation, Björk est toujours au village artiste avec son équipe à fêter l’événement à grand renfort de platines. Et si de mémoire de festivalier la cohésion a été rarement
aussi poussée et perceptible… rare un after aura autant marqué les bénévoles.
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Par Samuel Degasne
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Le festival se clôture. Il est l’heure du bilan. Résumé des derniers potins du
festival.
> Ils étaient tous présents pour le concert de Björk et se promenaient anonymement dans le foule : Jack Lang, Arthur H, Katel, Mademoiselle K et même Dj Zebra de Ouï FM.
> Leur manager avait prévenu. Dès que Marc Ronson commence à avoir l’accent scottish, il ne faut plus lui servir de bière !
> Décidemment… Kelis a, elle aussi, fêté son anniversaire sur le festival. L’organisation lui a payé un gâteau d’anniversaire.
> Sacré forme ! The Hives a passé toute une nuit à faire la fête dans leur loge.
> Les Rita Mitsouko sont venus en famille… Jarvis Cocker aussi. Un de ses enfants a oublié un jouet dans la loge.
> Pendant l’after qui suivait la fermeture du festival, Björk a elle-même mixé et dansé.
> Tania, la chroniqueuse du Grand Journal (Canal+), a été aperçue jouant avec un caddie.
> Il semblerait que la chanteuse Anaïs était sur le festival mais personne ne l’a reconnue. Pourquoi ? Parce qu’elle aurait rasé sa tête.
Par Samuel Degasne
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Retournons dans les annnées 90. La scène techno explose... En Angleterre, les raves
font jouer à l'époque des artistes qui vont marquer pour toujours l'Histoire. C'est l'époque qui va faire connaître mondialement Orbital, Leftfield ou The Chemical Brothers. La musique plonge
l'auditeur dans un univers technologique froid, souvent noir et stérilisé. Boucles répétées à longueur de morceaux. Sons souvent triturés. L’ambiance convient très bien aux univers de science
fiction tels les écrivains Isaac Asimov, John Case, ou à des films comme Dark City et l’Armée des Douze Singes.
Faithless nous replonge dans cette ambiance technoïde où le futur n'est
pas la solution à tout. Cet univers est là, bien en place. A l’écoute du titre interplanétaire « Insomnia », on s'installe dans une sorte de spleen communicatif. Et quand
Maxi Jazz, le chanteur principal, s’avance devant la foule et
clame « This my church », le public est instantanément converti à la religion de ce groupe pourtant païen. Le rythme, tantôt s’approchant du big beat, tantôt purement techno, fait
s’élever du sol les pieds des festivaliers. Et au moment où notre prêcheur du son clame à la foule « God is a DJ ! », ces quatre mots sont instantanément repris par une nouvelle
armée de convertis, dans une vague humaine sautante et dansante. Les festivaliers entrent en transe. Faithless fait renaître l’espoir d’un avenir possible pour la race humaine. La
techno n’est pas qu’une suite binaire d’impulsions électriques lancées depuis un ordinateur froid et imprévisible : zéro, un, zéro, un… Dans cette église, le son nous sort de guitares
électriques, de basses, de batteries, de percussions et de synthétiseurs maîtrisés habilement par les mains des membres du groupe. Faithless est le berger qui guide l’Homme dans la vallée
d’ombres d’une possible suitedéshumanisée.
A Rock en Seine, la foule dansait sur son chemin.
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Par Sylvain Vrignaud
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Parfois, en festival, il faut savoir se priver pour faire une découverte. Faithless, c’était jouer la
garantie d’un bon concert. Mais certains ont osé prendre le risque de les rater pour découvrir le trio anglais. Peut être que dans 10 ans ils diront à leurs potes « Et oui j’y étais à ce
premier concert ».
Déroulons la prestation dans sa longueur. Dès le coup d'envoi, il est possible de qualifier le rock de ce groupe : tout simplement efficace. Le son met deux ou trois chansons à bien se
mettre en place (guitare étant un peu trop basse au début du concert). Et dès le début, le chanteur va chercher le public : « Clap your hands ».
Dans la foule, les premiers rangs se déchaînent dans un pogo qui ravit le leader du groupe. Ce dernier exprime malgré tout sa frustration de ne pas pouvoir les rejoindre, faute de
longueur de câble de guitare. Ceci n’empêche pas Bromheads Jacket de continuer sur le même tempo. Comme une horloge suisse, les trois protagonistes stoppent d’un coup net leur
morceau. Leur pop jouée en duo guitare-batterie permet des changements de rythmes intéressants, mais rares.
LE meileur moment du concert arrive... Le câble de la guitare était peut-être trop court mais après tout, en le débranchant, tout devient possible ! Tim (le chanteur) prend son
élan et plonge dans une foule conquise qui le porte en triomphe. De retour sur scène, le show continue et monte en intensité. Pour malheureusement se terminer rapidement. Tim s’en excuse
mais explique qu’avec le deuxième album qu’ils sortiront en décembre ils auront plus de chansons. Et toc !
En guise d’au revoir, le chanteur vient embrasser la foule et monte sur les emplis latéraux de la scène pour saluer son public.
Jeune et prometteur.
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Par Frederic Gille
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Hélène, assistante de
promotion (société « LC les filles »), sur le festival Rock en Seine.
En quoi consiste votre mission sur le festival ?
Celle-ci débute très en amont. Notre action a débuté il y au moins cinq mois. La première des tâches consiste à faire l’annonce des dates et informations concernant le festival, à l'ensemble
des médias. Puis il y a eu aussi la gestion de la promotion des Avant Seine... Mais ce qui nous occupe le plus avant le festival c’est de donner toutes les accréditations, qui sont
évidemment en nombre limité. Les deux dernières semaines avant le festival étaient donc très chargées. Enfin, nous nous occupons durant le festival des relations entre tous les journalistes,
les maisons de production et les manageurs.
A quoi ressemble la journée type d’une assistante promotion pendant un festival ?
Cela commence par la finalisation du planning de tous les groupes. Une fois fait, nous donnons les informations aux journalistes concernés. A ce moment là, il est environ 14h. Nous sommes
sur deux postes, un pour l’accueil à l’entrée du point presse et un autre près des conférences de presse. Et tout au long de la journée, nous continuons à renseigner la presse... En fin
de journée, à partir de 20h30, nous avons une petite relâche du flux, ce qui nous permet d’aller profiter du festival.
Qu’est ce qui t’a le plus surprise dans ce métier et le plus séduit ?
Je suis impressionnée par la persévérance des journalistes. Ils nous demandent tous des interview de Björk alors qu’ils savent très bien qu’elle ne donnera rien... (Rires) Et ce qui me
plaît le plus, c’est bien évidemment le relationnel, autant avec la presse qu’avec les maisons de production.
Par Rock en Seine
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Rendez-vous aux vestiaires pour une interview du double messieurs : Housse de
Racket.
Sur quelles scènes vous êtes-vous produits avant d’arriver ici ?
On a commencé
dans le réseau classique des scènes parisiennes : Tryptique, Flèche d’Or puis Nouveau Casino. Ensuite, nous nous sommes retrouvés dans un circuit plus « branché » :
Paris-Paris, les clubs etc. Chose qui ne nous correspondaient pas totalement. C’est vraiment très agréable de jouer dans une énorme structure comme Rock en Seine avec des retours, des lumières…
une vraie scène rock. Dans les compositions, les arrangements pour la scène, on cherche à s’orienter vers le show. Faire un truc généreux, dense. Housse de Racket, c’est de la musique de
stade, quelque part entre Spinal Tap et Guitar Hero sur Playstation. Auparavant, la plus grande salle que nous avions ait fait, c’était la première partie de Phoenix en Belgique devant 2000
personnes.
Et en ce qui concerne le trip vintage, avec des instruments parfois étonnants... ?
C’est notre culture. Auparavant, on n'écoutait que de la musique des 60's ou 70's, voire 80's. On a voulu avoir les
instruments de l’époque qu’on aimait bien. Pour faire du Stevie Wonder, tu dois avoir le même synthé que Stevie Wonder. Pour faire du Led Zeppelin, il nous fallait la même batterie. Ca, c’est
pour le studio... Sur scène, ça a aussi une super gueule... Si on peut avoir un clavier guitare, une batterie transparente… C'est tant mieux. C’est vraiment une mise en scène qui va
avec les costumes et nos personnages. Daft Punk ce sont des robots. Nous, c'est le tennis !
Justement, on peut trouver de nombreuses affinités avec Daft Punk. Quels sont pour vous vos points communs ?
Des accords conquérants qui rappellent par exemple les dessins animés, mais sans tomber dans les trucs idiots. Ce sont
des codes, tu les as ou tu ne les as pas. Il y a aussi un second degré dans les grilles d’accords. Pour résumé, nos plus grandes affinités avec les Daft sont l’ironie, l’humour, le côté
ludique et des références qu’on connaît tous.
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Par Samuel Libine
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Je désirais voir Just Jack parce qu'en feuilletant les titres de leurs différentes compositions, je me suis aperçu que cet artiste était présent dans ma vie depuis plusieurs
années, sans que je le sache vraiment. J'ai écouté des dizaines de fois leurs morceaux en soirée ou à la radio sans jamais me souvenir qui en était l'auteur. Je sais, ce n’est pas bien… Mais à
chaque fois leur écoute faisait naître en moi un sentiment difficilement descriptible. De la mélancolie empreinte de sérénité, de la joie tranquille ?
Le chanteur est comme ses chansons : simple et envoûtant. Les yeux baissés parfois, sans doute pour intérioriser le texte, Just Jack n'a pas besoin de jouer le surexcité pour toucher
le public.
Les festivaliers chantent et bougent sur "Starz in Their Eyes" et "Disco Friends". On pénètre pleinement l'univers du chanteur avec une facilité ahurissante. Mais n'allez pas imaginer que le
concert perd en rythme ce qu'il gagne en intimité, car le répertoire de Just Jack peut nous faire voyager d'une ambiance trip-hop à des rythmes électro. L'ambiance monte lorsque le chanteur
demande au public de battre des mains sur le beat techno imposé par "Ghotic in Disco". A ce moment précis, c'est toute l'assistance qui danse et qui groove dans un joyeux bazar.
Le concert de Just Jack est une expérience pleine de sincérité, de simplicité et de rythme.
Pas besoin d'en rajouter. Just Jack, c'est juste Jack. Tout simplement...
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Par Sylvain Vrignaud
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