
TETES D'AFFICHE 2007
> Björk
> Rita Mitsouko
> Tool
> The Hives
> Arcade Fire
EN SAVOIR PLUS
> Compte-rendu complet

TETES D'AFFICHE 2007
> Björk
> Rita Mitsouko
> Tool
> The Hives
> Arcade Fire
EN SAVOIR PLUS
> Compte-rendu complet
65 000 spectateurs sur trois jours, des sessions acoustiques improvisées en off, une pléiade
de stars venue anonymement de Jack Lang à Axel Bauer en passant par Katerine ou Marco Prince (FFF), des artistes en devenir (Rodeo Massacre, I Love UFO, Pravda…), des partenaires rivalisant d’originalité pour leurs stands
(Levi’s, Imagine’R…), un blog retransmettant l’événement heure par heure, des festivaliers
s’extasiant devant les expositions temporaires (Asso Le Mur, Craig Robinson) et une
météo de plus en plus clémente… Tous les éléments étaient réunis pour que Rock en Seine passe la 5ème.
Et ceux qui doutaient de l’existence d’un prétendant au trône du rock ont bien compris qu’il existait un bon nombre d’enfants illégitimes pouvant à leur manière assurer la fonction.
The Hives, se réappropriant l’Histoire à son avantage, a rappelé que
l’urgence reste l’une des plus belles énergies. Entre invectives provocatrices et attaques fiévreuses, le groupe a prouvé qu’il ne suffisait pas d’être anglais et quarantenaire pour être
efficace. De son côté, Unkle a su réconcilier tous les styles
et sensibiliser les uns aux genres des autres à travers de massives envolées électriques. Tool a constitué une expérience visuelle intense et indélébile, exhortant l’esthétisme en premier plan à coups de massues. Enfin, dans le contexte rock actuel en
proie au doute, quelle plus belle conclusion que Björk ?
Sautillant comme un cabri sur scène, invoquant des bourrasques sonores et des clapotis électro, l’Islandaise a tracé la voie à suivre.
Car aussi improbable que cela puisse paraître, vous aussi, autour du feu, s’adressant à vos petits enfants, vous pourrez dire fièrement : Oui, j’y étais !
A l’année prochaine.
La prestation fut un choc. Irréparable. Historique. Jamais le public n’aura autant été aussi soudé, rejoignant les lumières citadines, encore chaos et hébété
pas le concert.
A-t-on besoin encore de le rappeler ? La prêtresse électro a marqué les années 90. Alternant les styles au grès de ses humeurs, l’ancienne chanteuse des Sugarcubes a fait sans cesse preuve d’un
avant-gardisme déroutant. Une artiste complète et multiforme, capable d’épouser une musique minimale, pop, folk et lyrique dans un charivari baroque. Autant se l’avouer, que l’on aime ou non,
Björk Guðmundsdóttir ne laisse pas indifférente. A la fois expérimentale, mélodique et scénographique, elle repousse continuellement les dogmes de la musique pour s’attaquer de
plein fouet aux émotions.
Et ne nous méprenons pas... Ceux qui voyaient encore en Björk une gentille lutine excentrique, n’ont qu’à se remémorer la liste de ses prétendants de Goldie en passant par Tricky et actuellement
le plasticien Matthew Barney. Sur scène ? C’est pire. Malgré un timide démarrage, la voix puissante et caractéristique de la chanteuse saccade comme à son habitude sa diction... Pour notre plus
grand bonheur. Autour d’elle, une cohorte féminine de cuivres, relookée gospel contemporain. L’esthétisme général emprunte autant les couleurs fades du pastel que les lasers ou les
lithographies d’animaux. Confettis argentés, flammes, stroboscopes et toiles d’araignées sortant de ses manches… L’Islandaise nous sort sa panoplie de magicienne.
Björk parcourt la scène en sautillant et sollicite du regard ses musiciens dans sa parure dorée, fuseau blanc sur les hanches. Le set virevolte entre classiques, sons distordus et torturés,
explosions épileptiques et battements hardcore. Euphorie dans la foule qui reprend en chœur les exhortations de la chanteuse. S’extirpant en coulisses pour boire son mug, l’artiste à l’épaisse crinière brune donne
ses dernières indications avant de remonter sur scène pour faire chanter à la foule un joyeux anniversaire pour deux de ses musiciens. Le concert se finit en apothéose dans un fracas
apocalyptique et assourdissant…
Trois heures après sa prestation, Björk est toujours au village artiste avec son équipe à fêter l’événement à grand renfort de platines. Et si de mémoire de festivalier la cohésion a été rarement
aussi poussée et perceptible… rare un after aura autant marqué les bénévoles.
> Site web
Le festival se clôture. Il est l’heure du bilan. Résumé des derniers potins du
festival.
> Ils étaient tous présents pour le concert de Björk et se promenaient anonymement dans le foule : Jack Lang, Arthur H, Katel, Mademoiselle K et même Dj Zebra de Ouï FM.
> Leur manager avait prévenu. Dès que Marc Ronson commence à avoir l’accent scottish, il ne faut plus lui servir de bière !
> Décidemment… Kelis a, elle aussi, fêté son anniversaire sur le festival. L’organisation lui a payé un gâteau d’anniversaire.
> Sacré forme ! The Hives a passé toute une nuit à faire la fête dans leur loge.
> Les Rita Mitsouko sont venus en famille… Jarvis Cocker aussi. Un de ses enfants a oublié un jouet dans la loge.
> Pendant l’after qui suivait la fermeture du festival, Björk a elle-même mixé et dansé.
> Tania, la chroniqueuse du Grand Journal (Canal+), a été aperçue jouant avec un caddie.
> Il semblerait que la chanteuse Anaïs était sur le festival mais personne ne l’a reconnue. Pourquoi ? Parce qu’elle aurait rasé sa tête.
Retournons dans les annnées 90. La scène techno explose... En Angleterre, les raves
font jouer à l'époque des artistes qui vont marquer pour toujours l'Histoire. C'est l'époque qui va faire connaître mondialement Orbital, Leftfield ou The Chemical Brothers. La musique plonge
l'auditeur dans un univers technologique froid, souvent noir et stérilisé. Boucles répétées à longueur de morceaux. Sons souvent triturés. L’ambiance convient très bien aux univers de science
fiction tels les écrivains Isaac Asimov, John Case, ou à des films comme Dark City et l’Armée des Douze Singes.
Faithless nous replonge dans cette ambiance technoïde où le futur n'est pas la solution à tout. Cet univers est là, bien en place. A l’écoute du titre interplanétaire « Insomnia », on s'installe dans une sorte de spleen communicatif. Et quand Maxi Jazz, le chanteur principal, s’avance devant la foule et clame « This my church », le public est instantanément converti à la religion de ce groupe pourtant païen. Le rythme, tantôt s’approchant du big beat, tantôt purement techno, fait s’élever du sol les pieds des festivaliers. Et au moment où notre prêcheur du son clame à la foule « God is a DJ ! », ces quatre mots sont instantanément repris par une nouvelle armée de convertis, dans une vague humaine sautante et dansante. Les festivaliers entrent en transe. Faithless fait renaître l’espoir d’un avenir possible pour la race humaine. La techno n’est pas qu’une suite binaire d’impulsions électriques lancées depuis un ordinateur froid et imprévisible : zéro, un, zéro, un… Dans cette église, le son nous sort de guitares électriques, de basses, de batteries, de percussions et de synthétiseurs maîtrisés habilement par les mains des membres du groupe. Faithless est le berger qui guide l’Homme dans la vallée d’ombres d’une possible suitedéshumanisée.
A Rock en Seine, la foule dansait sur son chemin.
Parfois, en festival, il faut savoir se priver pour faire une découverte. Faithless, c’était jouer la
garantie d’un bon concert. Mais certains ont osé prendre le risque de les rater pour découvrir le trio anglais. Peut être que dans 10 ans ils diront à leurs potes « Et oui j’y étais à ce
premier concert ».
Déroulons la prestation dans sa longueur. Dès le coup d'envoi, il est possible de qualifier le rock de ce groupe : tout simplement efficace. Le son met deux ou trois chansons à bien se
mettre en place (guitare étant un peu trop basse au début du concert). Et dès le début, le chanteur va chercher le public : « Clap your hands ».
Dans la foule, les premiers rangs se déchaînent dans un pogo qui ravit le leader du groupe. Ce dernier exprime malgré tout sa frustration de ne pas pouvoir les rejoindre, faute de
longueur de câble de guitare. Ceci n’empêche pas Bromheads Jacket de continuer sur le même tempo. Comme une horloge suisse, les trois protagonistes stoppent d’un coup net leur
morceau. Leur pop jouée en duo guitare-batterie permet des changements de rythmes intéressants, mais rares.
LE meileur moment du concert arrive... Le câble de la guitare était peut-être trop court mais après tout, en le débranchant, tout devient possible ! Tim (le chanteur) prend son
élan et plonge dans une foule conquise qui le porte en triomphe. De retour sur scène, le show continue et monte en intensité. Pour malheureusement se terminer rapidement. Tim s’en excuse
mais explique qu’avec le deuxième album qu’ils sortiront en décembre ils auront plus de chansons. Et toc !
En guise d’au revoir, le chanteur vient embrasser la foule et monte sur les emplis latéraux de la scène pour saluer son public.
Jeune et prometteur.
Hélène, assistante de
promotion (société « LC les filles »), sur le festival Rock en Seine.
En quoi consiste votre mission sur le festival ?
Celle-ci débute très en amont. Notre action a débuté il y au moins cinq mois. La première des tâches consiste à faire l’annonce des dates et informations concernant le festival, à l'ensemble
des médias. Puis il y a eu aussi la gestion de la promotion des Avant Seine... Mais ce qui nous occupe le plus avant le festival c’est de donner toutes les accréditations, qui sont
évidemment en nombre limité. Les deux dernières semaines avant le festival étaient donc très chargées. Enfin, nous nous occupons durant le festival des relations entre tous les journalistes,
les maisons de production et les manageurs.
A quoi ressemble la journée type d’une assistante promotion pendant un festival ?
Cela commence par la finalisation du planning de tous les groupes. Une fois fait, nous donnons les informations aux journalistes concernés. A ce moment là, il est environ 14h. Nous sommes
sur deux postes, un pour l’accueil à l’entrée du point presse et un autre près des conférences de presse. Et tout au long de la journée, nous continuons à renseigner la presse... En fin
de journée, à partir de 20h30, nous avons une petite relâche du flux, ce qui nous permet d’aller profiter du festival.
Qu’est ce qui t’a le plus surprise dans ce métier et le plus séduit ?
Je suis impressionnée par la persévérance des journalistes. Ils nous demandent tous des interview de Björk alors qu’ils savent très bien qu’elle ne donnera rien... (Rires) Et ce qui me
plaît le plus, c’est bien évidemment le relationnel, autant avec la presse qu’avec les maisons de production.
Rendez-vous aux vestiaires pour une interview du double messieurs :
Housse de Racket.
Sur quelles scènes vous êtes-vous produits avant d’arriver ici ?
On a
commencé dans le réseau classique des scènes parisiennes : Tryptique, Flèche d’Or puis Nouveau Casino. Ensuite, nous nous sommes retrouvés dans un circuit plus « branché » :
Paris-Paris, les clubs etc. Chose qui ne nous correspondaient pas totalement. C’est vraiment très agréable de jouer dans une énorme structure comme Rock en Seine avec des retours, des lumières…
une vraie scène rock. Dans les compositions, les arrangements pour la scène, on cherche à s’orienter vers le show. Faire un truc généreux, dense. Housse de Racket, c’est de la musique de
stade, quelque part entre Spinal Tap et Guitar Hero sur Playstation. Auparavant, la plus grande salle que nous avions ait fait, c’était la première partie de Phoenix en Belgique devant 2000
personnes.
Et en ce qui concerne le trip vintage, avec des instruments parfois étonnants... ?
C’est notre culture. Auparavant, on n'écoutait que de la musique des 60's ou 70's, voire 80's. On a voulu avoir les
instruments de l’époque qu’on aimait bien. Pour faire du Stevie Wonder, tu dois avoir le même synthé que Stevie Wonder. Pour faire du Led Zeppelin, il nous fallait la même batterie. Ca, c’est
pour le studio... Sur scène, ça a aussi une super gueule... Si on peut avoir un clavier guitare, une batterie transparente… C'est tant mieux. C’est vraiment une mise en scène qui va
avec les costumes et nos personnages. Daft Punk ce sont des robots. Nous, c'est le tennis !
Justement, on peut trouver de nombreuses affinités avec Daft Punk. Quels sont pour vous vos points communs ?
Des accords conquérants qui rappellent par exemple les dessins animés, mais sans tomber dans les trucs idiots. Ce sont
des codes, tu les as ou tu ne les as pas. Il y a aussi un second degré dans les grilles d’accords. Pour résumé, nos plus grandes affinités avec les Daft sont l’ironie, l’humour, le côté
ludique et des références qu’on connaît tous.
> Site web
Je désirais voir Just Jack parce qu'en feuilletant les titres de leurs différentes compositions, je me suis aperçu que cet artiste était présent dans ma vie depuis plusieurs
années, sans que je le sache vraiment. J'ai écouté des dizaines de fois leurs morceaux en soirée ou à la radio sans jamais me souvenir qui en était l'auteur. Je sais, ce n’est pas bien… Mais à
chaque fois leur écoute faisait naître en moi un sentiment difficilement descriptible. De la mélancolie empreinte de sérénité, de la joie tranquille ?
Le chanteur est comme ses chansons : simple et envoûtant. Les yeux baissés parfois, sans doute pour intérioriser le texte, Just Jack n'a pas besoin de jouer le surexcité pour toucher
le public.
Les festivaliers chantent et bougent sur "Starz in Their Eyes" et "Disco Friends". On pénètre pleinement l'univers du chanteur avec une facilité ahurissante. Mais n'allez pas imaginer que le
concert perd en rythme ce qu'il gagne en intimité, car le répertoire de Just Jack peut nous faire voyager d'une ambiance trip-hop à des rythmes électro. L'ambiance monte lorsque le chanteur
demande au public de battre des mains sur le beat techno imposé par "Ghotic in Disco". A ce moment précis, c'est toute l'assistance qui danse et qui groove dans un joyeux bazar.
Le concert de Just Jack est une expérience pleine de sincérité, de simplicité et de rythme.
Pas besoin d'en rajouter. Just Jack, c'est juste Jack. Tout simplement...
Si le groupe de Denver a notamment été révélé l'année dernière par la bande originale de "Little
Miss Sunshine", c'est sur scène que les américains ont prouvé leur électisme surdoué.
Avec pour axe narratif un brûlot poignant et intime, Devotchka a exhibé tout un bestiaire d'instruments pour montrer l'étendue de sa palette. Cuivres mariachi, ondes Martenot, violon tzigane et
posture de crooner ténébreux... Les contines rock s'enchaînent sur fond de métissages audacieux. Les cordes explorent le folklore des Balkans quand elles ne caressent pas l'auditeur d'une
empoignade mélancolique. Sur le même schéma, la batterie peut à la fois se travestir en phrasés disco ou prendre à contre-pied la mélodie. Quant à la voix, elle se blottit dans les graves ou
prend refuge dans un lyrisme aigu à chaque envolée électrique.
Ici et là, on croise un flot hydrocutant de tragédies amères. Un goût âcre et revigorant, comme on croque un fruit acide. Car il y a de la profondeur derrière chaque arrangement et un univers à
chaque virage. L'importance donnée aux percussions tranche avec les riffs aériens et le physique latin du chanteur. Entre lenteur végétative et sérénades roucoulantes, la sensualité demeure elle
aussi omniprésente. Et même la contrebasse participe de sa douceur à ce tableau impressionniste qui se construit par petites touches. Folk, gypsy, classique, frenchy... Rien ne manque à ces
Calexico élevés à la vodka.
Improbables et talentueux. Les Devotchka signent ici un opéra de salon extravagant en guise de dépaysement.
Cela fait 24 ans... Depuis la victoire de Yannick Noah à Rolland Garros, la France
attend un nouveau grand champion... Les Nelson ont remporté au cours de l’année quelques tournois challengers et se sont qualifiés pour le grand chelem Rock en Seine.
Récit de leurs impressions, après un match époustouflant.
La qualification pour Rock en Seine a-t-elle été une surprise pour vous ?
Le match le plus dur, lors des qualifications, fut
le quart de final remporté face à Housse de Racket. Ca c’est joué en cinq set 6-3 / 3-6 / 7-6 / 6-7 / 6-1. Ensuite nous avons déroulé
notre jeu contre Rock & Roll, en ne leur laissant qu’un seul jeu (6-0 / 6-0 / 6-1). La finale a été contre Marc Ranson, mais le mauvais temps a obligé l’arbitre à interrompre
définitivement le match. Ce fut donc un match nul. Nous étions tout de même assez confiant pour l’obtention de notre wild card à Rock en Seine, par rapport au niveau de jeu que nous
avions produit. Pour ce qui est du match joué ici, nous sommes très contents. De plus, nous avons fait durer les échanges sur plusieurs points, ce qui a du plaire au public.
Pour l’instant vous avez encore très peu évolué sur des cours étrangers, quand comptez vous franchir cette étape ?
On s’entraîne énormément pour avoir un deuxième set solide et pour nous permettre de sortir de plus gros matchs. Il sera au point dans peu de temps. Tous les matchs que nous avons joués nous ont
apporté beaucoup d’expérience et nous serons certainement prêts dès l’an prochain à fouler le gazon anglais.
Contrairement à d’autres formations vous jouez sur la même ligne, à part votre batteur en position reculée. Pourquoi ce schéma tactique ?
Notre batteur est un joueur de fond de cours. Il nous couvre au cas où. Sinon, notre tactique c’est l’attaque. En toute logique, nous plaçons donc trois joueurs à la volée. Chacun à ses points
forts et nous avons tous de fortes velléités. Nous n’avons donc pas besoin de leader. Il faut aussi noter que nous avons besoin de ces frictions et tensions. De cette façon, nous intensifions
notre jeu.
Sur le grand chelem Rock en Seine, certaines formations vous font-elles rêver ?
Le groupe Cold War Kids est vraiment notre exemple. Ils ont un jeu spontané, époustouflant et deviendront dans peu de temps le champion de tous les grands chelems. Ce sont les Federer de la
musique. Pour ce qui est des formations non présentes sur le chelem parisien, nous aimons bien les joueurs de fond de cours comme TV On The Radio.
L’interview se termine. Je n’ai qu’un conseil : n’hésitez surtout pas à faire un tour sur le myspace de Nelson pour découvrir toute l’étendue de leur talent. Mais également à aller les voir
lorsqu’ils passeront près de chez vous. Vous ne serez pas déçus !
A vous Paris, à vous les studios. Nelson Montfort, en direct de Rock en Seine pour la RockCover.
Le rock, c’est casser les codes. Interview avec Jean-Yves, co-fondateur de Primium,
société désireuse de changer les poncifs en place dans les médias traditionnels.
Primium, c’est quoi ?
Primium est une société créée en janvier 2007 qui a fait le pari de mettre en place un environnement réunissant le meilleur de la télé et le
meilleur du Web. Le meilleur de la télé en terme de qualité d’images : plein écran, haute définition. Le meilleur du Web en terme d’interactivité et de transparence : commentaires
des visiteurs, chat, statistiques précises. Pour permettre cela, nous y avons intégré le concept que l’on nomme la « communication à 360° ». Il s’agit notamment de diffuser un contenu
multi-plateformes. Notre technologie permet par exemple de diffuser une émission à la fois sur YouTube et sur Seconde Life, tout en permettant aux visiteurs de dialoguer sur une plateforme de
chat. Nous avons déjà mis en place des moyens de ce type lors du dernier festival de Cannes.
Quel est votre cible avec ce
produit ?
Il s’agit principalement des marques, qui peuvent faire une autre sorte de promotion ainsi que de la fidélisation. Nous pouvons aussi faire de l’événementiel comme c’est le cas aujourd’hui sur
Rock en Seine. L’intérêt pour le spectateur est alors de pouvoir avoir de l’info avant (teasers, annonces), pendant (reportages, coulisses) et après l’événement (archives).
Et à titre plus personnel, quel effet cela te fait
d’être à Rock en Seine ?
On se sent comme un enfant de dix ans. La programmation de Rock en Seine est très éclectique. Il y a aussi des moments forts, comme la rencontre avec Philippe Manœuvre, véritable icône dans le
monde du rock en France.
Imagine’R, le titre de transport commun à la SNCF et la RATP, est un des partenaires privilégiés de Rock en Seine.
Il est indispensable à la plupart des jeunes festivaliers utilisant bus et métros pour rentrer chez eux en fin de soirée. Avec l’un des stands les plus visité du parc, ils proposent un moment
de détente, réservé aux jeunes, et non dénué d’humour.
Les deux chipies responsables de la création du stand Imagine’R nous parlent de leur concept.
« Le thème de notre stand c’est la Garderie Rock. Nous sommes parties de l’idée que les festivaliers, lorsqu’ils se baladent, ont besoin d’un endroit pour se poser. On a donc
détourné les standards de la garderie pour de jeunes adultes. Il y a tout un univers avec des personnages dessinés à la Tim Burton accrochés au mur, des canapés qui forment un grand
« chill-out » où l’on peut se détendre, des projections vidéo de concerts et des dessins animés. Nous avons aussi quatre concerts par jour. Des reprises de standards du rock,
très second degré. »
« Des bornes internet permettent aussi aux possesseurs de la carte Imagine’R de voir tout de suite s’ils ont gagné un des lots. On offre aussi une Gibson lors d’un tirage au sort. Enfin,
nous avons une troupe de théâtre de rue. Deux personnes sur des échasses qui invitent les jeunes à se rendre sur notre stand. »
La RATP et la SNCF : le train-train quotidien ?
Pour la 2ème année consécutive, Rock en Seine organise Rock en Bulle. Des dessinateurs parcourent le festival et suivent les concerts à la recherche de séquences à immortaliser avec
leur crayon. Les dessins de ces artistes sont projetés sur les écrans géants de la grande scène entre deux concerts. Interview.
Julien CDM, ça vient de quoi ?
CDM est le sigle pour Chieur De Monde. Un fanzine que j’ai créé avec des potes quand on était étudiants. On a appelé notre mag BD en référence à deux BD que nous lisions : Chiures de
Gomme et Tueur de Monde. Depuis, le sigle est resté.
Peux-tu nous expliquer ton parcours et comment tu es arrivé à participer à Rock en Bulle ?
J’ai commencé à travailler pour Fluide Glacial il y a 10 ans. Ils proposaient déjà à des artistes de faire des dessins par le biais d’Internet. Depuis, j’ai publié 4 tomes d’une BD qui s’appelle
Cosmik Roger où je suis le dessinateur (scénariste et dessinateur pour le premier tome). MO/CMD, un autre dessinateur présent sur le festival, en est le scénariste. Le cinquième sort
d’ailleurs le 17 septembre.
En ce qui concerne Rock en Bulle, les organisateurs de Rock en Seine ont d’abord contacté Fluide Glacial afin d’illustrer le programme papier de l’an dernier. Par la suite est venue l’idée de
réaliser des dessins directement sur le festival. Cette année nous sommes trois à travailler pour « Sur le Riff » (l’autre nom pour Rock en Bulle) : Viravong, Mo/CDM et
moi.
Les dessins que tu réalises sur le festival sont-ils des caricatures ?
Non. Le but est vraiment de saisir l’ambiance et de la retranscrire telle qu’on l’a perçoit. Hier, par exemple, en me baladant dans le parc, j’ai vu un couple parfait pour moi : le garçon
avait un look punk anglais, et la fille était en cowboy US. Pas besoin de forcer sur les traits !
Tu as l’air d’être très détendu ici, de prendre vraiment du plaisir…
Ça regroupe mes deux passions ! Le dessin et la musique. Ce sont deux univers complémentaires. Quand tu dessines, tu t’enfermes, tu es seul et le résultat de ton travail ne se voit qu’après
beaucoup de temps. Alors que la musique c’est tout le contraire : tu es en groupe, tu crées à plusieurs et le résultat se voit tout de suite. C’est pour ça que beaucoup de dessinateurs sont
aussi musiciens. Moi, j’adore jouer avec mes potes lorsque je sors de ma tanière après avoir travaillé longtemps sur un projet.
Tous les dessins créés pendant le festival seront visibles sur le site Internet de Rock en Seine dans les jours qui viennent.
Spécialistes des œuvres d’art éphémères, l’association Le Mur, qui sévit sur Paris en particulier du
coté d’Oberkampf, a investi le festival et a vu passer chaque jour trois artistes aux styles différents. La parole à l’un d’eux, et au président de l’assoc’.
Babou « street-artiste » :
Le Mur c’est un collectif « street art » : logos, affiches, graffiti… On intervient souvent au pied levé, pour des choses imprévues et réalisées rapidement. L’association est née
d’un projet d’artistes qui n’avaient pas la possibilité d’être exposés. « Une Nuit » est un projet où l’on avait par exemple réalisé 150 affiches qui ont été collées en une soirée.
C’est devenu un collectif avec lequel nous avons fait des expos et avec qui il y avait une belle ouverture d’esprit. Le milieu du street-art n’est pas du tout uni, donc ça a été un point de
ralliement pour nous.
De mon coté, je viens du graffiti mais je suis aussi artiste. Ce que je fais ici est donc comparable à ce que je fais en atelier, sauf que je dois le réaliser rapidement. Je me sers de mon
expérience de la rue où j’ai l’habitude de peindre vite. Au final, ce sera une grosse tache de peinture dessinée et à la fin… un monstre vert qui va apparaître !
Jean Faucheur, président de l’assoc’
Notre action sur Rock en Seine est partie de ce que l’on fait au coin de la rue St Maur et de la rue Oberkampf : une fresque qui se renouvelle tous les quinze jours.
François Missonnier, directeur du festival, a bien aimé l’initiative et m’a demandé si l’on voulait faire quelque chose dans la même veine pour Rock en Seine. On a dit tout de suite oui, car
c’était intéressant d’être entouré de ce public là, de faire une peinture par jour et par artistes. Il y en a donc à peu près une dizaine qui font chaque jour une peinture différente. Chaque
jour, nous repeignons dessus et le tout va finir comme petit bois à la fin du festival !
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// ROCKCOVER 2012
Anne-Laure Degasne (coord.)
Samuel Degasne (l. éditoriale)
Florent Choffel (graphiste)
Camille Larbey (rédac.)
Mathieu Gayet (rédac.)
Alexandra Lebon (photos)
Nicolas Tourancheau (photos)
Mathieu
Bouckenhove (vidéo)
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