Des talons, des lunettes, des jupes courtes... Parmi les premiers arrivés, on sent qu’il y en a qui se la pètent, non ? Ou alors est-ce une danse tribale, collégiale, ultime provocation pour braver la pluie ? Alors quand on croise des mecs qui se la jouent carrément, c'en est trop ! Et en particulier ceux qui se la jouent… retrogaming.


Stand ConverseC'est toujours un exercice périlleux d’ouvrir un festival. Voir ingrat ! Car pendant que quelques curieux se promènent clopin-clopant devant les jeunes pistoleros de Smith Westerns, d’autres découvrent les nouveautés du site, visitent l’exposition Rockfolio (le photographe y traînait ses guêtres – incognito – en début de festival avec femme et enfant) ou se jettent sur le marchandising des Foo Fighters. Tous ? Non ! Car un stand peuplé d’irréductibles gamers résiste encore et toujours aux concerts.

Master System, Megadrive, Super Nes, Dreamcast, bornes d’arcade… Nous parlons d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Car ces engins de malheur, directement issus des eighties et maudits par les mères de famille (« Atteeends, je finis ma partie et je viens maaanger ! »), se retrouvent alignés, prêts à l’emploi, en plein milieu du stand Converse. Ambiance « vieilles voitures de collection » pour tout fan de pixels et de sons Midi qui se respectent. Au milieu de cette vitrine du passé ? Un homme chapeauté, Archeopterix, sorte de brocanteur numérique n’ayant pas dépassé le 1.0.

« J’ai un hangar à Marseille avec 300 consoles vintage, 200 ordinateurs 80’s, 120 téléviseurs et 55 m² de matériel de son ! » Invité de la marque, l’anachronique maître des lieux autorise une partie – grand seigneur ! – aux visiteurs. Sonic The Hedgehog 2, Street Fighters 2, SoulCalibur, Donkey Kong… Tout y passe. « J’ai même prêté des jeux pour Mini-Rock en Seine ! » On le croit sur parole, tant la passion se lit dans ses yeux hallucinés de savant fou à la « Retour vers le futur ».

Une passion que partagent ses voisins de paliers, le label Dataglitch, qui assurent les changements de plateaux à coup de sons provenant de Game Boy ou d’Atari et aident à customiser – sur place – des jouets d’enfants en instruments improvisés. Alors on quitte l’espace, dodelinant, hébété par cette madeleine de Proust, en pensant – qu’au fond – le bonheur est définitivement dans le prêt.

 www.pixelstation.tv (Archeopterix)
> www.dataglitch.org




Retour à l'accueil