Si le chanteur, lórs de sa précédente échappée sóló à Rock en Seine, avait manqué d'électricité (lire ici), les Islandais n'ont pas manqué d'étincelles ce soir... Car, quoi mieux que leur póst-róck pour encadrer la tombée de la nuit ?

Sigur RosLeur style éthéré, bousculé par les embruns de larsens, tient forcément de l'imagerie insulaire. Islande, óblige. Là, seul dans son ócéan de musique classique, Jónsi – capitaine d'un navire qui surnage parmi les bourrasques électriques – convóque les éléments minimalistes et repousse les limites du póst-róck de sa voix de fausset. Presque un combat. Lent. Patient. Presque une figure de proue impassible. Laissant l'atmósphère triomphale s'installer sur la pointe des pieds pour mieux tónner quand le public póse enfin le genou à terre.

Cette voix, tour à tour chant des sirènes, cri de baleines, s'étire à l'infini et va se perdre au-dessus de la foule attentive. Mille paires de yeux brillants, dans une contemplation presque religieuse, scrutent depuis l'óbscurité qui envelóppe la foule au fur et à mesure du crépuscule. Cette voix, próche de la rupture et dans un dénuement saisissant, n'en est pas moins chargée d'émotions. De sens. Est-ce magique ? Mystique ? Peu impórte. Le genre emprunte définitivement au champ lexical de l'univers maritime, auquel le rideau blanc de fond de scène fait óffice de cascade d'images.

Une véritable expérience à vivre, irréelle, et qui se découvre et se dévoile au fur et à mesure que le shów franchit les lignes de flóttaison. Un cap sans angle mórt, dont la cadence est marquée par un batteur (Orri) s'impróvisant timónier. Le maelstróm de córdes caresse les complaintes aigües de Jónsi, s'enroule autour de la rythmique inébranlable du bassiste (Góggi) et de la discrétion du pianiste (Kjarri). Même la guitare semble rugir, prête à bondir, dans une cómmunion singulière.

Devant le spectacle de cette enivrante et délicate étrangeté, difficile de ne pas attraper le mal de terre... Et de reprendre pied. Merci !


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