Photographe pionnier des Inrockuptibles, à l’heure où il n’était qu’un petit fanzine, Renaud Monfourny parle si modestement de ses portraits, qu’on se demande s’il a conscience de ce qu’il a touché, de Patti Smith en passant par Kurt Cobain, Neil Young ou encore Elliott Smith… Un grand monsieur avec le cœur dans le viseur.


Comment en es-tu venu à photographier des artistes rock ?
Par envie d'abord… Tout a commencé quand je suis venu à Paris, de relation en relation, jusqu'au premier numéro des Inrocks acheté en libraire. Je les ai contacté et, six mois plus tard, je faisais mes premières photos pour le mag. Un simple fanzine à l’époque !

On note une complicité, ou du moins, une franche proximité avec les artistes photographiés…
Je cherche l'élément humain quand je photographie. Je suis un « anti-glamour » convaincu. Alors, ça peut être le regard, le physique, la personnalité, l'attitude... Même si je n’ai qu'une minute, je trouve toujours un truc à dire pour que la personne comprenne que je ne suis pas le 53e photographe de la semaine, mais quelqu'un qui a envie de les connaître, quelqu’un qui a un intérêt pour ce qu’ils sont.

Exemple ?
Dans un palace parisien, alors qu'on attendait pour une interview avec Neil Young pour les Inrocks, son attachée de presse vient nous voir : « T'es photographe, toi ? Tu pourrais nous faire des photos d'identités pour le passeport de Neil ? Il l’a perdu, alors si c'était possible de nous amener ça demain… » J'ai sauté sur l'occasion, en spécifiant qu'il ne fallait pas les faire dans la chambre d'hôtel rococo. Me voilà ainsi sur un trottoir parisien avec Neil Young et sa femme ! J'y ai mélangé ses besoins de photos d'identité avec les photos de l'interview. Un mec sur un fond blanc, c'est mon idéal photographique. C'était parfait.
Quand je l'ai revu pour la séance de la photo qui est exposé à Rock en Seine, je lui ai rappelé cette anecdote, pas peu fier d’être à la l’origine de sa photo de passeport. Il venait d'échapper à une séance très travaillée. Nous avons été une nouvelle fois dehors. La séance a duré quelques minutes, décontractée…

L’origine de ton exposition à Rock en Seine ?
J’ai été contacté sur Facebook par François, le directeur du festival ! (Rires) On a ensuite choisi ensemble les photos, mais comme je n’ai pas de book, tout est en bordel… Le choix s’est fait sur mes critères : pour moi le rock c’est primitif, brut, grave et immédiat. Le portrait de Cobain est  clairement inscrit dans cette logique.

Ta photo préférée de l’expo ?
En tant que symbole, c’est évidemment Patti Smith. C’est aussi mon plus ancien disque crédible. C’était un instant incroyable : j’étais aller la retrouver à Détroit, dans sa maison près d’un lac. Je suis mal placé pour en parler, mais je la trouve presque iconique cette photo. Elle est à genou, non pas comme quelqu’un qui va se rendre, mais comme quelqu’un qui va se lever fièrement. 


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