JONSI.jpgCoucou, nous c'est Voluume et on va vous raconter la journée du samedi à Rock en Seine. Bijambistes et plutôt dispersifs que nous sommes tous, on peut, en plus des concerts, profiter de l'ambiance unique qui règne lors de ce genre de festival avec notamment les nombreux partenariats présents sous forme de stands et les rencontres que l'on peut faire entre festivaliers. En plus du live-report traditionnel, ce billet parlera aussi rougail saucisse, normands, Klaxons, Converse...

Il est 15h00 et le concert de Chew Lips donne le LA pour la journée... Le set se déroule sans histoire, les tubes sont déversés avec maîtrise et force : "Solo", "Salt Air"… sont offerts avec plaisir au public, enthousiaste de cette rencontre inopinée. En somme, on a pu apprécier un bon concert, qui ne marquera pas forcément votre esprit au fer rouge mais restera tout de même un bon souvenir d’été.

Tandis que K'naan réveillera le public avec sa musique aux multiples influences, il est déjà seize heures soit la pause goûter. Rendez-vous au stand créole, les festivals ou l'envie de démesures. Je discute avec Mélissandre, jeune demoiselle souriante qui nous servira du rougail saucisse en sandwich tandis que le colombo de poulet verdoyant continuera à me faire de l'oeil. Elle me raconte que le pic de visites sur les stands se passe entre 19h30 et 22h00. Alors festivaliers, ayez le décalage horaire dans la peau si vous ne voulez pas perdre votre temps dans les queues d'affamés.

Entre deux bouchées, le public prend place sur la scène de la Cascade pour Plan B qui aura su capter l'audience avec un one-man show de beatbox très talentueux avant le concert. Les mains se lèvent et l'effet escompté ramasse tous les passants curieux. Malheureusement, lorsque le groupe arrive, la musique se fait moins originale malgré un instrumental bien taillé et un flow des plus appréciables lorgnant avec le hip-hop.

Arrive dix-sept heures et on use de notre don d'ubiquité pour vous parler des deux concerts concomitants, celui de Stereophonics sur la grande scène et de celui Quadricolor sur la scène de l'Industrie. Un géant face à une jeune pousse. Je n’aurais jamais cru que ces bonhommes allaient autant envoyer. Certes, cela reste assez criard et peut-être pas très subtil, mais on sent derrière chaque morceau l’expérience. Tous les tubes y passeront évidemment, et c’est donc avec une grande joie que nous retrouvons notre jeunesse, surtout avec leur final, "Dakota", qui réussira à dompter la foule. Soyons honnête, ce groupe est bon mais peut-être pas immanquable. De l'autre côté, la petite foule timide commence à se tasser pour Quadricolor. En attendant les 17h15, un duo de Normands venus spécialement et exclusivement pour Queens Of The Stone Age me demande des conseils pour les concerts d'aujourd'hui. Je leur recommande LCD Soundsystem de vive voix, un des points d'orgue de la soirée.

Mais revenons à notre quartet niçois. Révélé par ses nombreuses reprises, ils n'en proposeront qu'une seule, "Stylo" de Gorillaz au résultat plutôt jouissif. Leurs compositions alambiquées feront le reste et c'est là que ça devient intéressant. Elles tiennent d'un "cocktail experimental pop", terme qu'ils emploieront à la conférence de presse quelques heures plus tard. C’est lors de celle-ci qu'on en apprend plus sur le groupe. Jeune et sans prises de têtes, ils s'amuseront à faire des blagues sur Anelka, parler de leur rencontre autour de cartes Pokémon et de PlayStation sur Kingdom Hearts. Malgré ce talent indéniable et leurs influences diverses, de Late Of The Pier à Grizzly Bear en passant par Foals, ils recherchent toujours un label.

Il est temps de trottiner jusqu’à la scène de la Cascade pour Two Doors Cinema Club. Leur album "blablabla" laissait présager un set frais et énergisant. La réalité en fut quelque peu dérivée. En effet, la vitalité de leur chanson est palpable et ma foi très agréable, mais passé 10 minutes, on sent la redondance de leur mélodie et par affiliation l’insipidité de leur composition. Une recette éculée (gimmicks de guitare aigües, kick sur tous les temps) dont on se lasse très vite mais qui soulèvera tout de même la fosse. C'est après quelques titres comme "Something Good Can Work" et "Costume Party" qu'on ira se poser sur l'herbe regarder Paolo Nutini sur grand écran reprendre "Time To Pretend" de MGMT. Les cuivres donneront à cette version un côté plutôt festif. On croisera d’ailleurs sur l'herbe de nombreux chatons-stickers pour promouvoir le dernier album des Klaxons, "Surfing The Void". Miaou.

Une bonne poignée de minutes plus tard et après la déferlante nord-irlandaise, on retourne sur la scène du milieu. C’est au tour de l'islandais Jonsi d’entrer sur scène. Malheureusement, tout le matériel électronique est coincé au Portugal. Il n’y aura donc aucune biche, aucun oiseau, aucun tonnerre et aucun effet à ce set, juste de "l’acoustique". Le problème, c’est que s'il y a bien une chose qui tient les concerts de Jonsi hors de l’eau c’est bien l’univers qu’il construit autant avec sa voix, ses chansons, qu’avec l’ambiance qu’il propose. Il n’y aura que sa voix contre tout Rock en Seine. Le public est étrangement silencieux, peut-être parce qu’il s’ennuyait ou peut-être car il est tout simplement ému. Les chansons passent et le groupe de Jonsi finit par prendre congé en s’excusant de ce contre-temps. Un très beau moment en somme.

On part ensuite prendre la température du côté des stands. Le point Nivea et son nouveau gel coiffant remporte un franc succès avec sa technique marketing basée sur une ambiance police américaine décalée. On se fait arrêter par de fausses policières qui nous contraventionnent à base d’échantillon de gel coiffant. Aussi, le stand Converse réussira à attirer les curieux avec la possibilité pour les festivaliers de tester toutes sortes d'instruments qui me seront impossible de faire sonner correctement. On naît musicien, on ne le devient pas. Enfin non, c'est faux. À l'étage du dessus, certains pourront même faire du ping-pong avec des raquettes de badminton. Et pas loin de là, certains joueront même les "guitar heros" sur console histoire de prendre pendant quelques minutes la place des têtes d'affiches.

20 heures arrivent et difficile de se frayer un chemin pour Queens Of The Stone Age. Notre mea culpa quotidien sera épuisé pour ce groupe dont nous n'assisterons malheureusement pas au concert. Bien heureusement, on se défendra en arguant qu'il nous fallait reprendre des forces pour le dancefloor monté par James Murphy et sa bande sur la scène de la Cascade à 21 heures, toujours accompagnés de leur fidèle boule à facettes. Pour chauffer le public, la meilleure idée de la soirée fut de passer du Daft Punk. Ironie du sort, LCD Soundsystem, après l'introductif "Us Vs Them", entonnera le fameux "Daft Punk is Playing At My House". Sans anicroches, le groupe déballera un set impeccable jalonné par des tubes tels que "Get Innocuous" et le terrible "Yeah". Le concert s'achèvera sur le combo east-coast "New York I Love You (but you're bringing me down)/Empire State Of Mind" (Jay-Z) qui fera bien couler des larmes tout en faisant bouger nos jambes. Un grand groupe, assurément.
Il faut maintenant courir pour ne pas louper Massive Attack, tête d’affiche immanquable de Rock en Seine 2010. Petit à petit, Massive Attack impose son sombre univers, les écrans lumineux envoient quelques messages sublimables, des chiffres et des mots tandis que les morceaux imposent l’adoration du peuple à leur pieds. Fans de la première heure ou curieux vivront un instant unique sur "Angel", terrible et hypnotisant. Sans parler de la version live de "Teardrop", magnétique. Massive Attack retourne l’esprit et le cœur et Rock en Seine s’en souviendra.

La foule se dirige lentement vers 2 Many Dj's, voyant l’occasion de finir la journée en dansant sur quelques tubes bien huilés. L’enchaînement "I wanted a hit/Aurora" a explosé la foule tandis que "If I Ever Feel Better" a plongé le public en extase. Le final offert par Joy Division et une masse de confettis dans l’air de Saint-Cloud marquera la fin du 2ème jour de Rock en Seine, avec une certaine classe, il faut bien l’avouer. Allez, bonne nuit, demain c'est la journée Arcade Fire.

 

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