40. Ambiance d'avant concertCette question, on se l’est tous posée. Ou du moins, on devrait tous se la poser quand notre artiste préféré foule le plancher. Car en face, ça gueule, ça trépigne, ça bouge. Ca impressionne. Et autour de l’artiste, dans l’ombre, de multiples fourmis s’agitent sans bruit.

On y accède par une plateforme surélevée, devant une haie d’honneur de bras tatoués. On passe les barrages et on arrive devant ce trou. Ce boulevard infini de têtes indescriptibles, marée humaine sans fin dont on ne peut fixer les yeux que sur son horizon. Il faut avoir les jambes solides et les mains assurées pour ne pas trembler devant ces regards impossibles à soutenir. N’émerge qu’un seul minaret : la régie centrale.

Sur les côtés de la scène, chacun s’affère. Il y a celui qui accorde les grattes, en position de chien de chasse. A l’affût. Prêt à bondir des starting-blocks à chaque battement de cil du héro du jour, comme pendant Skunk Anansie. Il y a également le manager, celui de Eels par exemple, se tenant fièrement sur le bord. Semblant imperturbable. N’hésitant pas à repousser un caméraman trop curieux.

Et puis il y a les autres : les ligtheux qui gèrent le débit de fumée pendant Massive Attack, le nuage crépitant de photographes sur les trois premiers morceaux des Queens of the Stone Age ou encore les membres de la famille qui regarde leurs aïeux pendant Blink 182. Tous naviguent au pays des fly caisses, ces box à roulettes qui promènent la vie des musiciens.

Presqu’une liste à la Prévert, en somme. En plus rock.


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