Directeur-Rock-en-Seine.jpgLe festival est complet : satisfait ?
C’est même plutôt magnifique ! Ca n’est jamais arrivé. Et, une semaine avant l’événement, c’est un phénomène rare. Ca valide en tout cas notre dispositif : notre soin apporté à la programmation, à l’accueil festivalier, etc. Quand on voit que les gens reviennent, on se dit que nous avons rempli notre mission.


Cette année, vous poursuivez votre action autour du développement durable ?
En fait, nous sommes un festival écolo depuis 2003 ! Sauf qu’’à l’époque, on restait discret parce qu’on ne nous posait jamais de questions là-dessus. (Rires) Côté gobelets recyclables, cela fait 3 ans, par exemple. Cette année, nous avons organisé un tri sélectif avec Coca-Cola, le recyclage de vieux portables avec SFR et allons effectué la distribution de 10 000 cendriers jetables. Nous avons également nos toilettes sèches : c'est écolo mais aussi plus confortable… Enfin, nous continuons de travailler autour de l'utilisation des transports en commun, notamment grâce aux horaires de fin des concerts. Résultats : à peine ¼ de festivaliers viennent en voiture. Ainsi, on lutte également contre les conduites à risque.


De plus, cela fait quelques années que vous travaillez avec le domaine national de Saint-Cloud…
Exactement ! D’ailleurs, dès que nous touchons des bénéfices, nous en reversons une partie au parc. Cette année, par exemple, nous avons participé à la restauration de la statue de Neptune et d’Apollon. L’année prochaine, nous travaillerons sur les espaces verts : bosquets, plantation d’arbres, alignement… On sait très bien que 100 000 personnes sur 3 jours, cela égratigne forcément les habitudes du domaine.


Beaucoup évoque un festival « maudit »…
Je ne suis pas superstitieux ! Les deux épisodes précédents (Amy Winehouse / Oasis) étaient des annulations 2h avant de monter sur scène… C’est inédit dans l’histoire des festivals de rock ! Nous, on a assumé, notamment avec un remboursement. Mais c’est vrai que l’année dernière, Oasis a été un vrai coup de massue ! Le public était autant frustré que nous... Heureusement, les deux autres jours étaient très bien. La preuve, les gens ont répondu présent cette année. Je suis donc serein.


Après les Petits Pois en 2009, beaucoup guettent une surprise cette année…
Si ça ne tenait qu’à moi, vous savez… (Rires) Bien sûr, beaucoup de « guests » habitent Paris. Tout est donc possible, mais il n’y a rien d'anticipé ou de planifié. De toute façon, nous sommes généralement au courant peu de temps avant. Par contre, oui, avoir Dave Grohl, Josh Homme et John Paul Jones sur scène, hilares, annonçant « Bonjour Paaaris, nous sommes les Petits Pois », c’était historique ! Rien que d’en évoquer le souvenir, j’en ai des frissons... Ah ! A ceux qui ont dit que le festival était mort l'année dernière, il s'en est passé des choses, finalement, non ? (Rires)


D’ailleurs, comme Josh Homme, il y a quelques habitués programmés !
Evidemment, dans notre format, ça peut paraître normal... Massive Attack et 2 Many Dj’s sont aussi déjà venus, certes, mais les vrais habitués se sont vraiment les Arcade Fire. Je considère que c’est le meilleur groupe sur scène actuellement et je suis toujours aussi fier de les recevoir à chaque nouvel album.


Le concert des Black Rebel Motorcycle Club va-t-il être annulé ?
Ce sont avant tout de tristes circonstances : la crise cardiaque de l’ingénieur son Micheal Been, père du bassiste du groupe (Ndla : Robert Levon Been) et ancien leader du groupe californien The Call. Mais à ce jour, l’agent du groupe nous a confirmé leur venue.


Et le concert de Où est le swimming pool, en raison du décès de son chanteur Charles Haddon ?
C’est dramatique ! Pour l’instant, nous sommes davantage dans la condoléance que dans la recherche d’un remplaçant. Nous avons apporté notre soutien à la famille. Bien évidemment, la collaboration avec les Naïve New Beaters (dans le cadre d’un échange avec le Bestival) est annulée. Mon 1er réflexe a surtout été de penser à l’âge de ce gosse : 22 ans ! La création, ça reste donc du détail par rapport à l’énormité de la situation.


Cette année, il y a également quelques nouveautés… technologiques !
Effectivement, l’application iPhone avec la géolocalisation, par exemple. Finis les « T’es où ? T’es où ? » (Rires) J’ai essayé cet après-midi, c’est génial ! J’avais mon petit avatar « ours » qui se promenait dans le parc pour aller voir l'expo RockFolio… (Rires) Un jour, nous travaillerons aussi autour de la mode et du cinéma... Mais je ne dis rien pour le moment ! Sinon, il y a la première présentation française de Kinect, la caméra de reconnaissance de mouvements de Microsoft pour sa xBox, mais également Nvidia qui prendra des photos des artistes en 3D. Mais vous savez, nous avons aussi deux fois plus de toilettes et de restaurants ! (Rires)


C’est également le renouvellement de l'opération RockArt, lancée l’année dernière…
Gros succès, oui ! A ma connaissance, nous sommes le seul festival à proposer à autant de graphistes la création d'affiche sur les formations programmées. Côté artistes, ce fut également un succès. Pour preuve : Mike Patton, de Faith No More, a voulu rencontré la personne qui a réalisé son affiche... The Offspring a invité le sien sur scène pendant son concert. Et Karen O (Yeah Yeah Yeahs) nous a envoyé un MMS avec une photo de son affiche dans sa loge en nous demandant un nouveau tirage, car elle avait perdu la sienne ! De mon côté, j'avais envoyé un portfolio des réalisations à Paul Grushkin et Dennis King, auteur du génial « L’Art du rock » qui m’ont inspiré cette initiative et... ils ont trouvé ça extraordinaire !


Enfin, les coups de cœur du directeur ?
Vendredi : French Cowboy (je suis fan !), Foals et King of Conspiracy. Samedi : Quadricolor et surtout Two Door Cinema Club. Dimanche : Success, I AM UN CHIEN !! et Roxy Music. D'ailleurs, si on m’avait il y a 8 ans que nous accueillerions Bryan Ferry ici, je n’y aurais pas cru… C'est la magie de ce festival.



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