Si vous pensez que revival new wave signifie froideur guindée et grisaille uniforme, les Américains en noir de Interpol ne vous auront malheureusement pas fait changer d’avis ce soir.


InterpolLes corps enserrés dans les costumes noirs sueront peu, les guitares nerveuses s’arc-boutent dans des tensions qui éclateront rarement… Le public accueille avec enthousiasme les quelques tubes qui s’égrènent (“Evil”, “The Heinrich Maneuvrer”…), les lourdes litanies creusant leur sillon accablant alternent avec les courtes récréations plus dansantes dans une logique attendue au rendu assez fade. L’énergie sur laquelle le groupe a en partie misé ne suffit pas à remuer un set sans véritable haut ni bas qui ne souffre que de sa platitude.


Quelques moments d’émotion se dégagent du flot monotone : “Hands Away”, lente brûlure froide qui s’enfonce dans la chair par un battement répétitif, l’incandescent “Lights” montant jusqu’à la fusion pour finir par exploser dans un tournoiement hypnotique, la vague retenue puis déferlante de “Take You On A Cruise” qui nous submerge…


Dans le registre des repreneurs de flambeau new wave, Interpol a depuis longtemps suscité des vocations et pourrait aisément apprendre de certains de ses suiveurs comment faire rimer sombre rigueur et ardeur scénique.


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