Rock en Seine, festival de parigots ? Pas si sûr... Il suffit de délaisser les pelouses où s'affrontent les armées de décibels et de beats et de s'infiltrer dans le petit camp retranché aux tentes en rangs serrés  pour constater que l'événement attire aussi d'irréductibles amateurs de rock.

17. Au campingCertes, les igloos bariolés s'alignent sur un tout petit lopin, resserré entre les arbres, preuve qu'une bonne partie de l'armada n'a eu que la Seine à franchir, mais ils abritent des bataillons venus des quatre coins d'Europe.

15h10, les premiers concerts ont déjà commencé, pourtant, une tranquille animation règne encore ici, protégée du rush post-ouverture des portes.

Deux Irlandais savourent un réveil en douceur, une détente nécessaire après des afters du camping tout simplement... "Amazing !". Arrivés dès mercredi, ils ont profité des quelques jours précédent le festival pour visiter Paris. La réponse à la question "Pour quels groupes êtes vous venus ?" est unanime : "Arcade Fire !"... ou presque : pour un troisième compère, s'il a fait le déplacement, c'est pour Cypress Hill. De belles découvertes ? Band Of Horses, pour les premiers. Le fan de Cypress Hill, lui, a bien apprécié Plan B, le soulman londonnien.

Un peu plus loin, un drapeau breton s'affiche avec fierté. Pour Kevin et Zinédine, "ça rassemble les troupes !". "On voyage pas mal et on aime bien emporter un drapeau avec nous, ça permet de s'identifier car on rencontre tout le temps des Bretons." Entre leurs tentes s'est installée une petite communauté soudée  mais très ouverte sur l'extérieur. Venir à Rock en Seine sans être au camping : impensable ! Alors, même si parmi la bande qui accompagne les deux copains, plusieurs sont d'ex-Bretons retenus à la capitale par leur travail, il n'était pas question de rentrer le soir chez soi et d'y héberger tout ce petit monde. "On vient quand même au camping pour l'ambiance, ça prolonge la soirée, ça va avec le festival, c'est vraiment au camping que l'on peut rencontrer des gens, discuter avec eux..." Prolonger la soirée, jusqu'au bout de la nuit si possible, mais sans DJ...  "Les afters finissent trop tôt, on s'est fait vider à deux heures du matin !"

Bouteille d'eau gazeuse et bière allemandes sur la petite table pliante nous mettent sur la piste : Sonia et Wolfgang sont venus exprès de Speyer, de l'autre côté du Rhin. Six cents kilomètres pour voir Roxy Music. Nous espérons autant de paillettes sur la veste de Bryan Ferry que dans les yeux déjà brillants de Sonia...

 

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