Des femmes traçant, guitare en mains, leur trajectoire solo à travers le monde foisonnant du rock, il y en eu d’autres avant Anna Calvi. Janis Joplin, Patti Smith, PJ Harvey peuvent accueillir avec respect leur digne petite sœur.

Anna CalviElle paraît minuscule, au bord de la scène, frêle silhouette barrée d’une guitare à laquelle elle laisse d’abord la parole, le temps d’un long solo introductif. Car avant la voix, c’est cette guitare qui est son mode d’expression essentiel : plus qu’un instrument parmi d’autres, elle  prolonge son âme, ses nerfs. Anna en use et en abuse, passant dans un chaud-froid permanent de la douceur mélancolique à des cataclysmes orageux, moments fusionnels où elle s’acharne avec passion sur ses cordes.

Cheveux tirés, regard perçant et noir : l’austérité apparente n’a d’égal que l’intensité qui couve au dessous et qui se dégage de cette voix grave au phrasé franc, presque autoritaire et de ces accords plaqués avec rage.

Les morceaux de lave extraits de son premier album, cœurs brûlants dans une gangue froide, se succèdent en de trop courts trois quarts d’heure : “Suzanne And I”, Blackout”, “I’ll Be Your Man”, “Desire”, “The Devil”, “Love Won’t Be Leaving” et finalement “Jezebel” qu’elle nous offre en français.

Il y a une certaine évidence dans la couleur qu’elle arbore, de son chemisier à sa moue carmine, ce rouge qui semble signifier, au-delà de sa timidité naturelle, que c’est son cœur à vif qu’elle donne à entendre. Le sang qui en coule, charriant une puissance organique, s’ourle parfois du noir des profondeurs viscérales.


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