"Wouah, on aurait dit la rencontre de Arcade Fire et de Antony And The Johnsons !" dit l'un. "Cette générosité, ce positivisme, ça change de la noirceur de The Horrors" dit l'autre. Le 30 août, 22h15, à Rock en Seine, garçons et filles ont été soufflés par la prestation du théâtral Patrick Wolf.
 

Quand il monte sur scène avec violoniste, claviériste, guitariste (Tom White de The Electric Soft Parade), bassiste et batteur, on a beau savoir peu de choses sur ce jeune anglais, on est déjà captivé. C'est que contrairement à la mode actuelle de la chemise à carreaux dans le rock, Patrick Wolf présente un personnage exubérant. Il synthétise surtout le meilleur (ou le pire c'est selon) des années 80. Dans ce gaillard aux longs cheveux peroxydés et aux airs de catcheur intergalactique, l'enfant des eighties peut voir du Mylène Farmer, du Captain Flam, du Lucile Amour et Rock'n'roll, du Duran Duran, du Billy Idol, du Alphaville, du Muse ou du Marilyn Manson, c'est selon.


Tout cela pourrait paraître de mauvais goût, mais ici tout est tellement "trop" que ça confine au génie. Parce que devant nous, avec son chant terrestre et lyrique, Wolf déballe des chansons énormes, sorte de Golgoth prog glam folk métal, qui écrasent tout sur leur passage. On a réllement l'impression d'assister à la mise en son de robots véloces post-apocalyptiques style Evangelion sur "Hard Times" et "Damaris", des grandes fresques mélodramatiques à la Braveheart/Titanic sur "The Bachelor" et "Thickets". Et ce personnage, sa façon de bouger, de performer avec la lumière, les rythmes et le public, ce n'est pas que de la fantaisie, du show. C'est l'incarnation concrète de ce que ses morceaux exultent : une ode à la libération totale, une guerre pour se faire bigger than life.


Là où tout le monde se contient sagement, restant dans sa case, son esthétique, Patrick Wolf et sa musique cosplay, transformiste, débordent et donnent le tournis. Il y a eu des moments de folle intensité à ce concert où, restant immobile, j'ai bien failli sortir de mon propre corps. Oui, j'ôte le "on" de fausse majesté. Il faut dire "je" lorsqu'on a été convoqué. Et convoqué, je l'ai été corps et âme. Quand l'artiste est descendu dans la foule, interpellant les gens en leur disant "Vous venez de l'une des plus belles révolutions alors montrez-moi ! Liberté, égalité, fraternité", j'ai eu envie de lâcher le bras de mon cerveau pour rejoindre la foule, pour le porter, me célébrer en lui.


The Bachelor, son nouvel album sort à la rentrée. Envisagé comme la première partie d'un double album en deux temps, il sera suivi dès 2010 de sa seconde partie, The Conqueror. Il sera en concert au Nouveau Casino le 3 octobre. Je prends le pari : vous n'avez pas fini d'entendre parler de Patrick Wolf.

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