L'auguste blanc est entré sur scène. Complet noir de rigueur. Le corps délesté. Le crâne glabre. Avec pour
seule parure, le poids des années. Ce soir, Stipe a su convoquer les arpèges aériens de sa main et convaincre les derniers insoumis. Enfin.
Les Américains ont prouvé une fois encore qu'ils étaient à la fois l'un des groupes les plus
politiquement corrects et les plus progressistes. Et plus qu'une nonchalance, c'est véritablement une force tranquille qui habite et cohabite avec ses protagonistes. Une montée
progressive. Trop facile. Presque. Les guitaristes semblent même se promener. Comme amusés. Presque.
Le maître des lieux, lui, harangue d'un rien ses fidèles. Arrange d’un rien le rituel à la manière d'un toréador. D'un pantin désarticulé. Confrontations avec la foule, regard assuré, les bras en
croix... Stipes met presque un genou à terre une fois la foule domptée. Presque. Piquant au vif les a priori. Pour mieux les malmener lors de la mise à
mort finale.
Le show prend alors des allures de croisade. Une irréversible conversion, douce et délicieuse. Une procession lente, assurée et sereine vers le paradis espéré. Le public ? Aux anges. Forcément.
La cravate ? Vite abandonnée. Presque. Donnée en pâture aux fidèles avec le reste des émotions. Et s'il faut un porte-voix pour appuyer l'énigmatique
sermon, qu'importe. Et tant mieux. Le message est délivré.
R.E.M. ? 3 Lettres. 3 hommes. 3 générations. Une Sainte Trinité de l’Histoire du Rock.
Ainsi, soit-il.
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Anne-Laure Brenon (coord.)
Samuel Degasne (l. éditoriale)
Pierre-Olivier Petit (rédac)
Sylvain Fesson (rédac)
Mathieu Bouckenhove (rédac)
Nicolas Messyasz (photos)
Alexandra Lebon (photos)
Chloé
Guilbert (secr. rédac.)
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