Le sorcier à la coiffure tribale, ne gardant que quatre ou cinq dreadlocks sur le crâne, est venu jusqu'à Paris pour répandre son pouvoir vaudou sur le festival. Kalimaaa !

Le chaudron de Bristol boue. Parait-il qu'il y aurait mélangé ses origines jamaïcaines, amérindiennes et anglaises. Ce véritable gourou, collaborateur de Massive attack et grand animateur du label Wild Bunch, se prépare à ensorceler la foule. Sa recette ? Un style unique mêlant rap, rock et trip-hop. Et il n'est pas venu seul, le bougre. Sur scène, une fée habillée de noir, sa chanteuse, l’accompagne.

A la lueur du crépuscule, l'artiste laisse tomber la chemise qui lui sert de robe de cérémonie. Il dévoile ainsi au public ses tatouages mystiques, hypnotisants. Car chez l'artiste, plus que chez tous autres,
le langage du corps renseigne parfois plus qu’il n’en dit. Et c'est un corps qui a vécu. Meurtri par les morsures du temps.

L’ambiance est noire et l'atmosphère est sombre dès les premières notes de son dernier morceau « Puppy Toy » se font entendre. La magie opère alors. Tricky alterne des morceaux sombres, puissants et se permet même quelques éclaircies. Son incontentation est entendue. Quelques instants avant d'entamer « Girls », il s'asperge d'eau puis bénit ses nouveaux adeptes, à coups de hochements de tête... non sans rappeler Bob M, un autre daddy cool.

Sous le regard de la lune, l'alchimiste entre dans une transe habitée et tire de violentes bouffées sur une cigarette à la hauteur d’un pape du reggae. La danse est fiévreuse, le malaise monte et le public en veut encore. Il exulte. Le fauve qui sommeille en lui savoure son repas. On croirait presque l'apercevoir au détour de quelques regards révulsés. Le ruff guide, tantôt dos au public, tantôt adoptant des postures dignes de rappeurs West Coast. Tel un pélerin en quête.

Le résultat est déroutant. Une messe dont on ne ressort pas indemne...


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