Activiste, multi-instrumentiste, chanteur du groupe System of a Down, Serj Tankian s'est lancé dans l'aventure solo depuis la mise entre parenthèse de son groupe pour une durée encore indéterminée. Avec Elect the Dead, il signe un premier album étonnant. Rencontre avec ce sorcier de la musique.

Quelle est la différence entre le public des festivals et ceux des concerts en salle ?
Le public sent bien plus mauvais ! Ils ne se douchent pas sur les deux ou trois jours de festival. Sérieusement, le public a des goûts plus divers mais ça reste un public, des êtres humains !

Comment avez-vous conçu votre travail en solo par rapport à ce que vous faisiez avec System of a Down ?
Cet album, c'est ce que j'ai fait de mieux jusqu'à présent. Il suffit d'écouter le disque ! Je l'ai écrit en tant que compositeur, sans groupe, en commençant avec le piano ou une guitare acoustique et les premiers jets des paroles. J'ai programmé la batterie, joué les guitares, la basse et les cordes. Puis j'ai remplacé mes samples de cordes par un musicien et la batterie, par un vrai batteur ! Cela a donc été composé et non pas conçu comme ça pourrait l'être par un groupe. C'est une approche différente. Elect the Dead a un son plus “classique”, plus progressif, moins métal que ce que je faisais auparavant, il y a plus de nuances, de différentes strates, tout en restant rock bien sûr.

Qu'écoutez-vous actuellement ?
Mes artistes préférés restent les criquets... les bruits de la nature.

Vous en utilisez parfois pour vos disques ?
Non. J'ai des disques de sons naturels mais je ne les sample pas. En revanche, j'ai trouvé dans une brocante une machine qui imite le bruit des vagues ! Je collectionne beaucoup d'instruments que je stocke dans mon studio. Je préfère recréer les sons que les sampler. J'aime être entouré par la nature. Ici, c’est un cadre idéal pour donner un concert.

Vous faîtes partie de l'organisation militante Axis of Justice tout comme Rage Against The Machine ou encore Tool (présents l’an dernier). Sentez-vous la nécessité de transmettre un message lors de vos passages dans d'autres pays comme la France ?
Axis (Ndla : Tom Morello de Rage Against The Machine) et moi, nous travaillons depuis Los Angeles à un niveau très local, mais nous sommes des exemples les uns pour les autres de ce que nous pouvons accomplir. La France n'a, je pense, pas de leçons à recevoir en la matière. Vous êtes une nation d'activistes et avez une vraie conscience des problèmes sociaux (temps de travail, etc.). Nous avons peut-être plus à apprendre de vous.

Vous militez pour la reconnaissance du génocide arménien. A deux pas d'ici, se trouve une stèle le commémorant…
La France a fait beaucoup pour cette reconnaissance et c'est toujours bon de voir que la vérité est reconnue quelque part.

En tournée, trouvez-vous le temps de voir certains concerts ?
Parfois. J'ai vu Rage à Reading par exemple. Mais nous avons peu de temps. Les interviews, le show, les gens à rencontrer… La journée est vite finie et vous repartez pour une autre ville. Je n'ai donc pas vraiment l’occasion de voir des concerts. La meilleure façon de les voir lors d'un festival, c'est encore de ne pas y jouer !

Certains media ont parlé de System of a Down pour représenter l'Arménie à l'Eurovision, c'est une blague ?
C'est une rumeur lancée par un journaliste finlandais bien trop zélé. Il m'a demandé si on ne pourrait pas y représenter l'Arménie pour faire passer notre message. Je ne savais même pas ce qu'était l'Eurovision. Il ne parlait pas très bien anglais et revenait à la charge. J'ai juste dit que, quoi que cela puisse être, on pourrait en parler. Le lendemain, il mettait en une “SOAD participera à l'Eurovision” !


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