Co-fondateur du festival
Directeur RES et Europavox
En poste depuis 2003


En quoi consiste le métier de directeur de festival ?
Ce n’est pas un métier… (Rires) A vrai dire, il s‘agit surtout de coordonner les dix permanents d’un point de vue communication, programmation et conception du site. Il y a toujours des améliorations à apporter pour chaque édition. Pendant le festival, je serre des mains, je bois des coups et je gère les derniers imprévus. A ce titre, j’ai un souvenir marquant : des Japonais venus à la 1ère édition et qui avaient prévu Rock en Seine dans leur planning de visites de Paris... Génial ! Donc, non, vous voyez, ce n’est pas moi qui travaille le plus pendant cette période-là. (Rires)


Un bilan de l’édition 2007 ?

Il y a eu 66 000 spectateurs sur trois jours. Record historique. Nous avons pu voir si le public répondait présent. Test satisfaisant. Nous avons même été chanceux sur la météo. Il s’est arrêté de pleuvoir 2 h avant l’ouverture ! Idéal pour les festivaliers, un cauchemar pour les techniciens… Il a été difficile après coup d’équilibrer les recettes, mais un festival reste toujours risqué. Nous restons vigilant sur sa croissance afin d’effectuer une logique de progression en gardant une taille humaine. Et puis, rappelons tout de même, côté artistique, le feu d’artifice pour Björk, les découvertes de Calvin Harris, Housse de Racket, ou de Hey Hey My My et la reformation de Jesus and Mary Chain. Un bonheur.


Pourquoi un festival en deux étapes ?

C’est pour davantage coller à l’artistique. Nous essayons de faire en fonction des coups de cœurs éventuels et des disponibilités de chacun. Cette année, nous pouvions par exemple recevoir Rage Against The Machine pour l'une de leur dernière date en Europe... C’est excellent ! Nous n’avons donc pas hésité à organiser une préchauffe. Mais sinon, nous n’avons jamais effectué de réel positionnement artistique par rapport aux autres festivals. Le but, c’était juste de réaliser une grande messe rock en plein air et de sensibiliser en même temps le public à d’autres styles.

Comment est déterminé le prix d’entrée ?

Il existe plusieurs paramètres. Il y a tout d’abord la volonté de programmer des artistes internationaux dont les prestations sont fortes ou rares. Ensuite, nous investissons quand même un lieu historique. Il faut le rendre agréable, installer de l’électricité et organiser les lieux d’exposition tout en conservant le patrimoine du site. D’ailleurs, j’ai toujours aimé le premier jour d’installation où les marques au sol attendent les camions de matériel. Après, ça devient une ruche de 1500 personnes. Et enfin, nous avons la volonté de rester sur une jauge de 25-30 000 festivaliers. Tout ça à un prix. Dans ce processus, la Région Ile-de-France représente 20 à 25% du budget. C’est important, mais pas suffisant. Le sponsoring et la billetterie sont donc primordiaux.


En tant que grand fan de pop, qu’attendez-vous en particulier ?
R.E.M. ! C’est culte... Question de génération, peut-être. Pour moi, ils ont su écrire certaines pages de l’Histoire de la pop-rock. Sinon, j’attends impatiemment Kaiser Chiefs - plus traditionnels mais tout aussi jouissifs -, la révélation Black Kids et puis les Avant Seine. Entre le dub, l’électro et le hip-hop, je pense que le tremplin a une fois encore réussi son grand écart. Je suis toujours curieux de voir de jeunes pousses se confronter aux grandes scènes.


Quels sont les groupes que vous n’avez pas pu programmer ?

Finalement, on les oublie vite… (Rires) Je pense que c’est aussi une façon de se préserver de toute frustration. L’organisation de tournée se fait par plaque géographique, ce n’est pas toujours évident. Par exemple, Vampire Week-End n’était pas en Europe à cette période. Dommage... Pareil pour The Dandy Warhols ou Keziah Jones. Mais je ne désespère pas un jour pour David Bowie, que j’ai entendu chanter avec Scarlett Johansson. Ah, et, un autre rêve : Bruce Springsteen. Mais ces gens ne tournent pas dans les festivals ! En tout cas, je n’écoute pas que de la pop. En ce moment, c’est Kanye West qui tourne en boucle sur ma platine.


Avez-vous prévu un groupe de remplacement en cas de désistement d’Amy Winehouse ?

Non. (Rires) Ca serait bêtement négatif. Nous nous posons les questions que quand les problèmes arrivent.


Et quelle est la question que l’on vous pose le plus souvent ?

Justement : « Amy Winehouse, c’est vraiment bien sur scène ? » Je n’ai généralement qu’une seule réponse : « C’est même mieux que ç
a ! »


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