Dimanche 7 septembre 2008

Le rock. Cet hymne à la libération. Ce cri. A travers chaque décennie, on l’accusa de pervertir la jeunesse endormie. D’exciter les mœurs avec une moue lubrique. On brisa ses disques, on le pourchassa jusque dans le Mississippi et on brûla ses exemplaires en place publique. Au pilori. Au nom d’une morale, d’une religion ou d’une politique. De l’ignorance. Un feu transposé plus tard à la cause sud-vietnamienne sur la 1ère pochette des Rage Against The Machine, représentant un moine s’immolant. De quoi se faire culbuter les yeux et les oreilles, tant par la musique que par son message. Parce que la révolte favorise les lendemains qui chantent. Les soirs aussi. Surtout.

 

Car oui, le rock est un état d’esprit. Sauvage. Inoxydable. Une énergie. Une des seules capables de taillader les tabous sociaux, sexuels et raciaux en crachant à leur face rancie. En les scalpant de tout a priori. Et c’est les muscles suintants et saillis en plein concert, que l’on exulte sa rage, expulse ses doutes, les coudes dans la mâchoire de son ami d’un soir. C’est ce son qui vous tabasse, un doigt tendu ou un poing, c’est selon. Le rock est une apnée, une hystérie, sorte de célébration païenne sous forme d’incantations à la Tricky. C’est un appel des bas-fonds à la The Streets ou en provenance des clubs libertaires à la Mix Master Mike. C’est selon.

 

Mais il faut avouer que le rock, aussi orgueilleux soit-il, réclame souvent son du. Un investissement, un sacrifice, un don nu tant de la part du public que de ses artistes. Rock en Seine #6 : le chiffre du Malin ? Il faut en payer le prix. Et si celle-que-l-on-ne-nomme-plus a effectivement bu dans la coupe, le verre n’en demeure pas moins plein. Au contraire. Son contenu fut touillé par Apocalyptica, gargarisé par R.E.M., distillé par Wax Tailor, tourné au vinaigre par Jon Spencer Blues Explosion et fermenté par The Raconteurs. Le tout, nettoyé de tout nitrate, lapé par 76 000 festivaliers et poivré aux effluves de sueur.

 

Le rock d’aujourd’hui est plus qu’une musique, c’est une chance. Les chaussures volent. Avec nos émotions. Les vidéos et les écrits, eux, tiennent le pavé.

 

2009, nous voilà... Fouette cocher !

 

Et à l’année prochaine.

Par Samuel Degasne
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Vendredi 29 août 2008

Il fallait en profiter. Profiter du dernier concert du festival. Du remplaçant involontaire d’Amy Winehouse. Du chanteur Mike Skinner... Car ce soir, tout prend fin : l’édition 2008 et l’ultime tournée d’une formation. Mais l’espoir, lui, est toujours là.

Parce que plus que sa musique, l’accent même de son rappeur est tout aussi évocateur. Symbolique. Un accent à couper le fog (brouillard anglais) au couteau. Car Skinner vient de là. De la rue. Des Midlands. De la classe ouvrière anglaise dont il a adopté le phrasé. Précisément cette jeunesse désemparée et sous-estimée. Celle qui doute tous les jours. Celle que l’on nomme les Chavs. Un accent donc, qui suinte l’argot, les expressions imagées et les rimes attentées. Idéal pour habiter un rap évocateur. Tant sur le fond que sur la forme.

Et pourtant, cet accent est souvent imité. Repris par un bon nombre d’acteurs ou de chanteurs anglais. Mais Skinner ne fait pas dans l’exotisme, lui. Il est.
Dans le fantasme contemporain d'une société sans classe, le rappeur UK apparaît comme un Oliver Twist moderne. Tout simplement. L’occasion de restituer un quotidien au monde, une réalité volontairement oubliée. Pour les kids, c’est une incarnation à laquelle s’identifier. Une revanche anglaise sur son ère monarchique. Le reflet d’un miroir face à son Histoire victorienne.

Car dans toute société, il subsiste l’idée d’une sous-classe barbare. Perverse. Dangereuse pour la vie placide des élites bourgeoises. C’est l’autre. On ne le connaît pas. Et on s’en méfie. Skinner, lui, rappelle qu’un pays ne doit pas seulement regarder vers ses flux migratoires, mais se poser la question de son propre passé. De sa mémoire collective. De la transmission que cela incombe pour comprendre et ne pas recommencer les mêmes erreurs. Il joue ainsi les poils à gratter, à la manière d’un Ken Loach. D’un sociologue malgré lui.

Sur scène, Skinner transmet donc son histoire de façon sereine et faussement impassible, tel le thé se diffusant dans le lait. La simplicité règne, mais elle est lourde de sens. A l’image de son message. De son public. La foule jump avec lui, comme portée par le groove chaleureux des instruments. L’auteur se permet même un slow langoureux et une reprise railleuse de la grande absente de la soirée. Avant de finir son exposé par un slam torse-nu dans la foule. Parmi les siens. Les gars de la rue.


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Par Samuel Degasne
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Vendredi 29 août 2008

Le concert d’Amy Winehouse qui devait clôturer la 6ème édition de Rock en Seine a été annulé à la dernière minute ce vendredi 29 août.

Amy Winehouse avait assuré tous ses engagements en festival depuis le début de l’été, et tout portait à croire que le concert de Rock en Seine allait se dérouler normalement. La production de son spectacle a été installée par ses techniciens la veille au soir, jeudi 28 août. Ses musiciens sont arrivés sur le site ce même jeudi, et une répétition du concert a été faite vendredi 9 août au matin. Amy Winehouse devait arriver sur le site ce vendredi en début de soirée.

Nous avons été informés à 20h par son agent présent sur place qu’elle ne serait finalement pas là, et nous avons été contraints d’annuler le concert.

Nous n’avons à ce jour aucune explication sur les raisons exactes de son absence. En raison des conditions de cette annulation, le festival a pris la décision d’entamer une procédure judiciaire.

Nous sommes désolés de cette situation, et partageons la déception des festivaliers.


Comme annoncé et par solidarité avec le public, le festival a décidé d'offrir exceptionnellement une compensation pour cette annulation. Il est ainsi proposé à chacun des festivaliers qui étaient présents ce vendredi 29 août, un avoir d'une valeur de 18€, sur l'achat d'un billet ou d'un forfait pour l'édition 2009 de Rock en Seine.


Les inscriptions seront mises en place du 10 septembre au 31 octobre 2008. Pour toutes informations, consultez la rubrique liée à cet effet.

Des questions ? > contact@rockenseine.com
Par Rock en Seine
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Vendredi 29 août 2008

Après avoir braqué tous les festivals d'Europe, les Raconteurs ont encore fait parler de leurs guitares à Paris. Avec ces colts de circonstance, le public ne peut que lever les mains en l'air.

Attention ces gars-là ne sont pas des pieds tendres alors pas d'héroïsme et tout se passera bien. Les vigiles ont fait ce qu'ils pouvaient pour défendre le coffre, mais ils ont dû se contenter d'extraire les rescapés de la foule pendant Hands.

 

Une fois le guichetier assommé, ils passent à une opération plus délicate : le coffre-fort. Pour faire les choses comme il faut, Jack troque sa guitare électrique pour le clavier folk pendant que Brandon couvre la sortie. Mais White a beau tomber la veste, travailler minutieusement et secouer ses rouflaquettes sur Old Enough, rien n’y fait. La porte reste close.

Une seule solution s’impose : envoyer la dynamite. Alors White, viril, reprend sa guitare
pétaradante. Le son gronde, vrombit, égratigne. Ils s’y mettent à cinq pour faire exploser Steady as she goes. Et ça marche. Jackpot ! Keeler (le batteur), fier de lui, sort le violon pour fêter ça et les otages suivent dans toute leur allégresse.

 

Vient l’heure de la fuite. Avant de se lancer tête baissée, les desperados font taire les guitares quelques instants. Pour assurer leur retraite, le gang décide de mettre tout le monde d’accord avec les imparables Salute Your Solution et Broken Boys Soldier. Dans une épaisse fumée, les Raconteurs disparaissent enfin dans la nature après avoir salué leur public.

 

L’histoire raconte qu’ils seraient repartis aux U.S. pour continuer leurs méfaits…


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Par Pierre-Olivier Petit
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Vendredi 29 août 2008

Par La Chaine TV
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Vendredi 29 août 2008

Jamie Lidell nous a gratifié d’un set digne d’un véritable « after » de 16 heures du matin. Quand on débarque de Berlin, un après-midi à Paris comme celui d’aujourd’hui, ça ressemble à Ibiza.

L'artiste est arrivé, l’air débonnaire et le nœud pap’ défait. Puis il s'est lui-même ciré les pompes avant de saluer la foule. Le concert débute, entre beat-box et samples, avec un Mocky à la batterie (à ne pas confondre avec notre cher compatriote réalisateur) tout juste sorti de son lit. Vêtu de sa robe de chambre, il n’a pas pourtant pas la gueule de bois. Vif et adroit, le bougre fait hocher tout le public de la tête. La « party » commence. Spectateurs, préparez vos baskets ! Ca va swinguer !

Derrière sa table de mixage, Jamie emmène l’assistance dans un monde parallèle où sa voix n’est que beats et samples. Les bras commencent à se lever dans la foule en signe de symbiose avec la musique. Le chanteur glisse sur le devant de la scène puis esquisse quelques pas de danse qui l'aideront à entrer dans son flow de dandy funk.

Coup de théâtre final, Gonzales s’installe au piano dès les premières notes du dernier single de Jamie, Another day. Il sort enfin le Steevy Wonder qui sommeille en lui. Ce renfort de dernière minute donne une nouvelle dimension, plus ensoleillé, au set. Forcément, quand on arrive en costard frais et dispo pour jouer sur scène, cela change la donne.


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Par Pierre-Olivier Petit
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Vendredi 29 août 2008


Discrètement, je m'immisce dans une conférence de presse où l'auditoire -nombreux et discipliné- écoute dans un silence quasi religieux Gaspard et Xavier, les deux prêcheurs de Justice. Les voix sont discrètes. L'assistance tend l'oreille et garde les yeux rivés sur le duo. Beaucoup de filles dans les rangs... Au diable la raison et la conscience professionnelle, je... me suis égaré !

Revenons-en à nos deux protagonistes qui s'arrêtent un instant sur l'histoire du clip subversif « Stress ». « Notre démarche était purement esthétique. Nous n'imaginions pas une telle polémique ». Et le sujet est clos. Du fond de la salle, une voix (féminine et fébrile) s'élève. Une jolie brune veut en savoir plus sur le "son" made in Justice. « Nous ne caractérisons pas notre musique comme de l'électronique, dont la définition nous apparaît bien trop large. Nous faisons plutôt... de la pop 2008 ! »

Quant aux projets, Justice pense déjà à « l'après ». Ils s'absenteront de la scène deux ans, le temps de composer un nouvel album. Mais que les fans se rassurent ! L'agenda de Justice est encore bien rempli. Ils poursuivent leur tournée à travers le monde jusqu'en octobre. Enfin, un documentaire sur le groupe - tourné aux Etats-Unis en mars dernier - devrait sortir en novembre.

Et aujourd'hui... maintenant... tout de suite ! Ici à Rock en Seine, que va-t-il se passer ? « Paris est l'endroit le plus difficile à jouer sur Terre ! On joue à domicile !" » Le duo prépare actuellement pour novembre un CD / DVD live, appelé A Cross the Universe, comprenant un documentaire coréalisé par SoMe (clip D.A.N.C.E. et créateur de l'identité visuelle du groupe) et Romain Gavras (clip Stress). De plus, les internautes sont sollicités pour la fabrication du livret en envoyant des photos ou oeuvres d'Art « fun ou (dramatiques) en lien avec Justice » à l'adresse : material@edbangerrecords.com

L'assistance quitte les lieux, remercie les artistes. Certaines osent une derrière oeillade... Mais la messe est dite !


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Par Sylvain Vrignaud
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Vendredi 29 août 2008


Mèches longues et lunettes de soleil de rigueur, le groupe pop-rock parisien enchaîne les interviews dans l’Espace Presse.

 

Excités ou stressés à l'approche du concert ?

Les deux ! Jouer 30 minutes, c’est frustrant mais ça permet de ne pas lasser les gens. Nous avons donc opté pour un set énergique tout en gardant une évolution. C’est une belle fenêtre en tout cas et c’est bien de nous avoir mis à l’entrée du festival. Idéal pour se faire des contacts en vue de notre future tournée début 2009. Du moment que l’on mange et que l’on rigole, tout roule ! Sinon, l’ambiance est détendue. Il y a même l’ingénieur son de The Roots qui est venu nous parler de notre nom…

 

Justement, on vous en parle beaucoup ?

Ca en amuse certains, ça en énerve d’autres. Mais cela provoque toujours une réaction. En Angleterre, c’est la loose parce que le fils de Beckham porte le même nom que nous. Sinon, un blog américain a dit : « What’s the fuck ? Aucun groupe US n’avait pris ce nom et il fallait que ce soit des Frenchies qui se l’approprient ! » Enfin, un vieil artiste funk des années 80 nous a contacté sur MySpace parce que nos noms de groupes respectifs sont homonymes. Il aime notre travail. Ouf ! Au moins, nous n’aurons pas à beaucoup dépenser en merchandising… (Rires) Mais oui, nous sommes pressés de sortir notre deuxième album pour parler enfin musique.

 

A ce propos, comment s’est déroulé l’enregistrement ?

Nous avons beaucoup travaillé avant l’entrée en studio. Maintenant, nous essayons de faire sonner le live comme l’album, pour que la différence ne soit pas trop grande, comme c’est le cas avec les Klaxons bien qu’ils aient changé. Nous faisons une musique simple et efficace. On ne voulait pas faire un truc que nous ne maîtrisions pas, avec plein de claviers. C’est plus facile pour les voyages. Nelson, eux, ont plein de matos. Ranger leur camion, c’est comme jouer à Tetris…

 

Et la rencontre avec le producteur Clive Martin ?

Génial ! Il a clarifié nos idées et nous a fait prendre conscience de nos faiblesses. En plus, le studio Vega (Ndla : dans le Sud de la France) est très isolé et vintage. C’est une vraie maison ! Nous avons tout réalisé en direct et réenregistré les parties vocales et les guitares pour appuyer le propos. Cela donne un album très cohérent. D’ailleurs, nous avons fait une surprise à Clive pendant qu’il mangeait. On a enregistré un petit délire qui se trouve être… la chanson cachée de notre album.


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Par Samuel Degasne
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